Déclarations
du président Uribe et du ministre de la Défense
Colombie: Ingrid Betancourt bientôt libre alors qu'est
annoncée la mort du nº1 des FARC ?
dimanche
25 mai 2008
(LatinReporters.com)
Le président colombien Alvaro Uribe a révélé
samedi l'existence de contacts entre le gouvernement et des
guérilleros des FARC qui envisageraient de déserter
en libérant Ingrid Betancourt et d'autres otages. M.
Uribe leur promet récompense et liberté conditionnelle
en France. Le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos,
affirme pour sa part que le chef suprême et fondateur
des FARC, Manuel Marulanda, serait mort le 26 mars.
Les
deux informations sont d'un tel calibre, renforcé en
outre par leur quasi simultanéité, qu'elles
soulèvent autant de prudence que d'espoir. Guerre psychologique?
Aboutissement logique de la désormais écrasante
supériorité de l'armée colombienne sur
la guérilla marxiste des FARC (Forces armées
révolutionnaires de Colombie)? Pour l'heure, on ne
peut que s'en tenir aux déclarations du président
Uribe et du ministre Santos.
A Florida,
près de Cali, au sud-ouest de la Colombie, le chef
de l'Etat a affirmé que "certaines personnes du
groupe terroriste [des FARC] ont appelé pour dire au
gouvernement qu'elles sont disposées à déserter
et à libérer les séquestrés, Ingrid
Betancourt en tête", mais en demandant si le gouvernement
leur garantissait leur propre liberté.
"Je
veux leur faire parvenir ce message : le gouvernement fait
deux offres. L'offre d'un fonds de récompense, jusqu'à
100 millions de dollars, pour récompenser ceux du groupe
terroriste des FARC qui se démobiliseraient, abandonnant
le groupe et libérant les séquestrés"
a poursuivi le président Alvaro Uribe.
Il a ajouté:
"La seconde offre est que nous chercherons un mécanisme
de liberté conditionnelle. Lorsque ces personnes viendront
à la rencontre de nos soldats, de nos policiers ou
de ceux qu'ils définiront, nous permettant de recevoir
les séquestrés, le gouvernement national fera
les démarches pour que ces personnes qui abandonnent
les FARC soient embarquées immédiatement vers
un pays comme la France pour garantir leur liberté
conditionnelle."
Le président
Uribe offre donc argent, beaucoup d'argent, et exil doré
en France aux déserteurs des FARC qui livreraient leurs
otages, dont Ingrid Betancourt. Le Premier ministre français,
François Fillon, avait déjà assuré
en avril dernier que les guérilleros répondant
aux offres du gouvernement de Bogota jouiraient en France
du statut de réfugiés politiques.
Manuel
Marulanda serait mort des suites d'un bombardement ou d'une
crise cardiaque
Quant
à l'annonce par le ministre Juan Manuel Santos de la
mort présumée, à 78 ans, du chef suprême
des FARC, Manuel Marulanda, alias "Tirofijo" ("Tir
précis"), elle a surpris la journaliste colombienne
Maria Isabel Rueda, stupéfiée à ce moment
précis de son interview du ministre, publiée
samedi par l'hebdomadaire Semana:
-[Maria
Isabel Rueda] Et Tirofijo, où en est-il?
-[Ministre de la Défense] Il doit être en enfer.
-Dans
quel enfer?
-Celui où vont tous les criminels morts.
-Tirofijo
va partir vers...
-L'information que nous avons est qu'il est déjà
parti.
-Comment?
Tirofijo est mort, comme ça?
-Nous le tenons d'une source qui n'a jamais commis d'erreur.
-Tirofijo
est mort?
-C'est la dernière information que nous avons et que
nous sommes en train de corroborer.
-Je peux
titrer cette interview "Tirofijo est mort"?
-C'est à vos risques.
-Et quand
est-il mort?
-Le service de renseignement nous dit que ce fut le 26 mars
de cette année.
-Comment
est-il mort?
-Nous ne le savons pas. Ces jours-là, on effectua trois
bombardements puissants là où on pensait que
se trouvait Tirofijo. La guérilla parle d'arrêt
cardiaque. Nous n'avons de preuve ni de l'une ni de l'autre
version.
-Et quelle
autre information avez-vous sur sa mort?
-Pour l'instant, je n'ai que ces données-là.
-Et qui
va le remplacer [à la tête des FARC]?
-Tout nous dit que ce sera Alfonso Cano.
La mort
de Manuel Marulanda, alias Tirofijo, a déjà
été annoncée à plusieurs reprises
ces dernières années. Elle a chaque fois été
démentie ou pour le moins n'a jamais été
confirmée. Mais il est peu banal que l'annonce un ministre
en fonction. Les médias colombiens ont souvent relevé
que le chef des FARC souffrait depuis longtemps d'un cancer
de la prostate.
La confirmation
du décès de Manuel Marulanda serait contre les
FARC une puissante charge psychologique destructive, surtout
si la mort était due, comme le suggère le ministre
de la Défense, à des bombardements. Depuis le
1er mars, les FARC auraient perdu, en comptant Marulanda,
trois des sept membres, dont le plus symbolique, de leur commandement
suprême collectif appelé secrétariat.
Source
latinreporters.com