Colombie-Ingrid
Betancourt: 11 députés otages des FARC tués
"sous un feu croisé"
jeudi
28 juin 2007 (LatinReporters.com)
"Onze députés de l'Assemblée
[régionale du département] du Valle" séquestrés
en avril 2002 par la guérilla des FARC "sont morts
sous un feu croisé" annonce le commandement occidental
des FARC dans un communiqué diffusé jeudi par
l'Agence ANNCOL. Comme la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt,
ces députés faisaient partie de la cinquantaine
d'otages dits politiques de la guérilla.
Selon
le communiqué des FARC (Forces armées révolutionnaires
de Colombie, marxistes), les tirs croisés dont auraient
été victimes les députés se seraient
produits le 18 juin "lorsqu'un groupe militaire non identifié
attaqua le campement" où les rebelles retenaient
les séquestrés.
Cette
information dramatique va relancer les conjectures sur le
sort d'Ingrid Betancourt. Elle est séquestrée
par les FARC depuis le 23 février 2002. La dernière
preuve incontestée de vie est une vidéo diffusée
par une télévision colombienne le 30 août
2003. Réalisée par la guérilla, cette
vidéo montre la Franco-Colombienne, ex-candidate à
la présidence de la Colombie, monologuant durant 22
minutes. Elle invitait notamment le président colombien
Alvaro Uribe à superviser personnellement les opérations
militaires visant à libérer des otages, afin
"d'en évaluer les possibilités de succès
et donc la garantie que ceux qui sommes séquestrés
allons être libérés, mais non en échange
de notre mort".
Dans le
cadre hypothétique d'éventuels pourparlers avec
le gouvernement colombien, la guérilla des FARC se
dit depuis longtemps disposée à négocier
la libération de ses otages politiques en échange
de celle de centaines de rebelles emprisonnés. L'exigence
des FARC d'une démilitarisation préalable de
la zone de 800 km2 où ils proposent l'ouverture de
cette négociation est jugée inacceptable par
le président Uribe.
Les principaux
otages politiques des FARC sont Ingrid Betancourt, trois Américains
au service du gouvernement colombien et des élus nationaux
et régionaux. Parmi ces derniers figuraient 12 députés
du Valle, dont un seul aurait survécu.
John Frank
Pinchao, sous-officier de la police colombienne qui a réussi
au début du mois de mai dernier à s'échapper
d'un camp des FARC où il était séquestré,
affirme avoir vu en vie pour la dernière fois Ingrid
Betancourt et les trois Américains le 28 avril [2007].
Son témoignage ne fait pas l'unanimité au sein
de la famille Betancourt.
"Nous
manifestons nos profondes condoléances pour cette tragédie
aux familles des députés décédés.
Nous ferons ce que nous pourrons pour qu'elles puissent recueillir
les dépouilles mortelles le plus rapidement possible"
dit le communiqué des FARC.
Visant
à imputer la mort des onze députés au
président colombien, la dernière phrase du communiqué
affirme que "L'intransigeance démentielle du président
Uribe à l'égard d'un échange humanitaire
et sa stratégie de sauvetage militaire au-dessus de
toute considération mènent à des tragédies
comme celle que nous rapportons".
Tous les
observateurs ont noté ces derniers mois que les FARC
ont averti souvent qu'elles exécuteraient leurs otages
si l'armée tentait de les libérer. Le décès
des députés "sous un feu croisé"
sera donc nécessairement une version controversée.
Source
latinreporters.com
par Christian Galloy