Evo
Morales brave la constitution
jeudi
7 septembrei 2006
Le
président Morales transgresse les normes de la réforme.
Le
président amérindien Evo Morales, allié
du Cubain Fidel Castro et du Vénézuélien
Hugo Chavez, soutient une modification unilatérale
des normes de la réforme constitutionnelle en cours
au sein de l'Assemblée constituante élue le
2 juillet.
Lors de
cette élection, le Mouvement vers le socialisme (MAS,
parti présidentiel) obtenait 50,7% des suffrages (contre
53,7% à la présidentielle de décembre
2005). Les 65 à 70% prédits par Evo Morales
se révélaient inaccessibles et le MAS, avec
134 élus sur les 255 de l'Assemblée constituante,
demeure loin de la majorité des deux tiers (170 députés)
qu'il convoitait explicitement. Selon la législation
en vigueur, toute révision constitutionnelle nécessiterait
pareille majorité qualifiée.
Mais le
1er septembre dernier, le MAS d'Evo Morales décrétait
le caractère "originaire" de l'Assemblée
constituante pour briser la dépendance de celle-ci
à l'égard de la Constitution et des lois actuelles.
L'Assemblée se libérerait ainsi de la contrainte
des deux tiers. La majorité que contrôle le MAS
serait suffisante pour rédiger la nouvelle Charte fondamentale
sans devoir composer avec d'autres partis.
La valeur
de l'élection du 2 juillet s'en trouve dénaturée.
L'ex-président conservateur Jorge Quiroga, leader du
Pouvoir démocratique et social (Podemos, principal
parti d'opposition) demande à l'Organisation des Etats
américains l'envoi en Bolivie d'une mission de protection
de l'Assemblée constituante.
En outre,
le coup de force d'Evo Morales avive les forces centrifuges
dans les quatre départements (la Bolivie en compte
neuf) qui s'étaient prononcés par référendum,
le 2 juillet également, en faveur de l'autonomie régionale.
Ces départements de Pando, Beni, Santa Cruz et Tarija
couvrent la moitié orientale de la Bolivie et détiennent
l'essentiel des gisements d'hydrocarbures et de la production
agricole.
Source
latinreporters.com
par Christian Galloy