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ACTUALITES 1997 ARGENTINE

Pour qualifier la défaite électorale des péronistes du Parti justicialiste (PJ) et du président Carlos Menem, la presse nationale et internationale n'a eu qu'un seul qualificatif: "historique". Elle aurait aussi bien pu parler d'une défaite sans surprise, tant la crise sociale paraissait profonde et le pouvoir fragilisé par la corruption.

Formée en août 1997 par l'Union civique radicale et le Frepazo, l'Alianza a remporté plus de 45 % des suffrages, contre 35 % au PJ. La plus grosse surprise est venue de la province de Buenos Aires, où la candidate de l'Alianza a devancé de 7 points la représentante péroniste, l'épouse du gouverneur. Et ce dans le bastion du péronisme, jusqu'alors réputé imprenable, dans lequel vivent les plus défavorisés et quelque 40 % de l'électorat national. En revanche, dans la capitale, traditionnellement antipéroniste, si le succès de l'Alianza était prévisible, il n'en demeure pas moins spectaculaire, avec 56 % des voix. L'opposition a donc réussi à mettre un terme à l'hégémonie d'un parti qui n'avait pas perdu d'élections nationales depuis 1987.

Plus que la modification du rapport de forces au sein du Parlement - le PJ aura perdu la majorité absolue -, l'enjeu de ces élections était l'évaluation des chances des différents candidats à la prochaine élection présidentielle, prévue en 1999. La victoire de l'Alianza prend acte du changement de climat qui a suivi la réélection du président C. Menem en mai 1995. Depuis, grèves générales, manifestations et barrages routiers se sont succédé contre la politique économique du gouvernement. Après les réformes - une "chirurgie sans anesthésie", selon le chef de l'État -, l'ouverture de l'économie et les privatisations dans tous les domaines (y compris les régimes de retraite), des centaines de milliers d'Argentins se sont retrouvés exclus du marché du travail ou contraints d'accepter des emplois "flexibles", avec des baisses de salaires.

L'opposition s'est surtout fait l'écho de la demande de transparence dans le fonctionnement des institutions, notamment de la justice. Selon certaines estimations, l'éradication de la corruption et de la fraude fiscale suffirait à compenser le déficit du budget de l'État, environ 6 milliards de dollars en 1997.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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