L'ECONOMIE ARGENTINE

L’ECONOMIE ARGENTINE

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Économie de l’Argentine, Géographie économique et données essentielles


Chiffres clés économiques

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PIB nominal (2024) : 633,3 milliards USD selon la Banque mondiale une estimation parallèle cite 640 milliards USD. La divergence tient aux ajustements de taux de change en cours d’année.

PIB par habitant nominal (2024) : environ 13 700 USD (calcul : 633 Md USD / ~46,2 M habitants, à confirmer via Banque mondiale).

PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) : donnée non disponible dans les sources consultées lors de cette recherche.

Taux de croissance du PIB :

  • 2023 : -1,6 % (récession)
  • 2024 : -1,7 % (deuxième année de contraction)
  • 2025 : +4,4 % (rebond confirmé)
  • Prévision 2026 : +4,0 % selon le FMI

Taux d’inflation (glissement annuel) :

  • 2022 : 94,8 %
  • 2023 : 211,4 % (pic historique)
  • 2024 : 117,8 %
  • 2025 : 31,5 % (niveau le plus bas depuis huit ans)
  • Février 2026 : 33,1 % (en glissement annuel)

Taux de chômage officiel :

  • 2024 (annuel moyen) : 8,2 %
  • T2 2024 (zones urbaines) : 7,6 % ; taux de sous-emploi : 11,8 %
  • Octobre 2025 : 7,5 % (données INDEC)

Dette publique (% du PIB) :

  • 2023 : 155,4 % du PIB
  • 2024 : 85,3 % du PIB, divergence : une autre estimation indique 91,5 %. L’écart tient aux méthodes de valorisation de la dette libellée en pesos après dévaluation.
  • 2025 (projection) : 73,1 % du PIB (FMI)

Solde budgétaire :

  • 2024 : +0,3 % du PIB (excédent, première fois depuis des décennies)
  • 2025 : +0,2 % du PIB (excédent maintenu)

Réserves de change : données partielles disponibles dans les sources consultées. Le niveau des réserves brutes a été sous pression structurelle tout au long de 2024 ; le programme FMI signé en avril 2025 (20 milliards USD sur 4 ans) vise notamment à les reconstituer.

Indice de développement humain (IDH) :

  • Score : 0,870 (données 2023), catégorie « très haut développement humain »
  • IDH ajusté aux inégalités (IHDI) : 0,849, rang mondial 48e selon le Rapport PNUD sur le développement humain 2025
  • Rang IDH standard (non ajusté) : à confirmer directement via PNUD, Country Insights

Structure de l’économie

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Part de l’agriculture dans le PIB : 5,9 %, emploie environ 0,6 % de la main-d’œuvre

Part de l’industrie et mines : 25,1 % du PIB, emploie environ 23 % de la main-d’œuvre. L’activité industrielle a chuté de 9,4 % en 2024 selon l’INDEC

Part des services : divergence entre sources, 69 % du PIB selon la DGTrésor ; 53,1 % selon Crédit Agricole. L’écart s’explique probablement par des périmètres de classification différents (inclusion ou non du commerce, de l’énergie et des transports dans les services). Les services emploient environ 76 % de la main-d’œuvre active (toutes sources concordantes).

Principales ressources naturelles : hydrocarbures (pétrole et gaz naturel, formation Vaca Muerta), lithium, cuivre, or, argent, uranium, terres arables en grande quantité (pampas).

Principales productions agricoles : soja (premier exportateur mondial de farine et huile de soja, troisième producteur mondial de soja grain), maïs, blé, tournesol, viande bovine, vins (Mendoza). Les exportations agricoles représentaient 30,5 milliards USD en 2024

Industries dominantes : agro-alimentaire, automobile et équipements de transport, pétrochimie, sidérurgie, textile.


Commerce extérieur

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Exportations totales 2024 : 79,7 milliards USD (+19,4 % par rapport à 2023, tiré par une hausse des volumes de +26,7 % malgré une baisse des prix de -5,8 %).

Principales exportations (part du total 2024) :

  • Soja et dérivés (farines, huiles, grains) : 20,9 %
  • Automobile et matériel de transport : 13,3 %
  • Pétrole brut, gaz naturel et pétrochimie : 12,6 % (soit 8,53 Md USD)
  • Maïs : 9,6 %
  • Viande bovine et cuir : 5,3 %

Principaux pays clients : Brésil (premier partenaire commercial historique), Chine, États-Unis, Chili, Vietnam. Données précises par pourcentage non disponibles dans les sources directement consultées

Importations totales 2024 : 60,8 milliards USD (-17,5 % en glissement annuel, reflet de la contraction de la demande intérieure).

Principales importations : biens d’équipement industriel, produits électroniques, produits chimiques, véhicules et pièces, carburants (en baisse grâce à Vaca Muerta).

Principaux pays fournisseurs : Chine, Brésil, États-Unis, Allemagne. Données précises par pourcentage non disponibles dans les sources consultées.

Balance commerciale 2024 : +18,8 à +18,9 milliards USD, excédent commercial record depuis au moins 18 ans

Accords commerciaux majeurs :

  • Membre fondateur du Mercosur (avec Brésil, Uruguay, Paraguay), union douanière incomplète avec de nombreuses dérogations sectorielles.
  • Accord-cadre Mercosur–Union européenne (négociation finalisée en 2024, ratification en cours).
  • Accord bilatéral avec le Chili, l’Inde, Israël.

Monnaie et finances publiques

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Monnaie nationale : Peso argentin (ARS, code ISO).

Taux de change indicatif :

  • Fin 2024 : ~1 031 ARS pour 1 USD (taux officiel sous régime de « crawling peg », dépréciation contrôlée)
  • En avril 2025, dans le cadre du nouveau programme FMI, le gouvernement Milei a levé les contrôles de changes en place depuis 2019 et laissé le peso flotter dans une bande
  • Le taux parallèle (marché « blue ») présentait un écart parfois significatif avec le taux officiel en 2024 ; cet écart s’est réduit depuis la libéralisation

Banque centrale : Banco Central de la República Argentina (BCRA), fondée en 1935.

Solde budgétaire : excédent de +0,3 % du PIB en 2024 et +0,2 % en 2025, première série d’excédents depuis deux décennies, résultat direct des coupes budgétaires drastiques du gouvernement Milei (réduction de plus de 30 % des dépenses publiques réelles en 2024).

Recettes fiscales : données précises (% du PIB) non disponibles dans les sources consultées

Programme FMI : En avril 2025, l’Argentine a signé avec le FMI son 23e programme, pour un montant de 20 milliards USD sur 4 ans (Accord de confirmation, Stand-By Arrangement), accompagné d’une libéralisation du régime de change.


Emploi et marché du travail

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Population active : environ 21 à 22 millions de personnes (zones urbaines

Taux de chômage officiel vs informel :

  • Chômage officiel T2 2024 (zones urbaines) : 7,6 % ; sous-emploi : 11,8 %
  • Part de l’économie informelle : ~40 % de la main-d’œuvre (estimation 2023

Salaire minimum légal (SMVM, Salario Mínimo Vital y Móvil) :

  • Octobre 2024 : 272 000 ARS/mois (~264 USD au taux officiel d’alors)
  • Mars 2026 : 352 400 ARS/mois

Remises de fonds : données non disponibles dans les sources consultées pour 2024, l’Argentine est un pays émetteur net plus que récepteur, en raison de sa large diaspora.


Infrastructures et secteurs stratégiques

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Énergie, Vaca Muerta et hydrocarbures

L’Argentine dispose de la formation de schiste Vaca Muerta (province de Neuquén), l’une des plus grandes réserves non conventionnelles au monde.

  • Production de pétrole brut (septembre 2024) : 738 000 barils/jour, niveau le plus élevé depuis 2003, en hausse de 15 % sur un an. Vaca Muerta contribue à 74 % de la production de gaz.
  • Production de gaz naturel : 5,4 Bcf/jour
  • En 2024, l’Argentine a enregistré un excédent de sa balance énergétique pour la première fois en 18 ans, grâce à la montée en puissance des exportations d’hydrocarbures.
  • Nombre de puits frackés en 2024 : 1 500 (record historique)

Lithium, Triangle du lithium

L’Argentine possède les premières réserves mondiales de lithium avec 23 millions de tonnes (lithium contenu), devant la Bolivie (23 Mt) et le Chili (11 Mt). Plus de 30 projets enregistrés, avec un plan décennal de développement à horizon 2033.

  • Exportations de lithium 2024 : 612 millions USD

Tourisme

Le tourisme bénéficie du taux de change favorable pour les visiteurs étrangers ; les transactions par carte étrangère ont bondi de +25 % en valeur après l’introduction d’un taux préférentiel pour les touristes en 2024. Recettes totales du tourisme pour 2024 : données précises non disponibles dans les sources consultées, à vérifier via le Ministerio de Turismo y Deportes.

Agriculture

L’Argentine est l’un des greniers du monde : premier exportateur mondial de farine et huile de soja, troisième producteur mondial de soja grain, important exportateur de maïs et de viande bovine (notamment vers Chine et Europe). La normalisation climatique après El Niño a permis une hausse des volumes agricoles exportés de +26,7 % en 2024 par rapport à 2023 (qui avait souffert d’une sécheresse exceptionnelle)


Inégalités et développement

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Coefficient de Gini : 0,44, parmi les plus élevés d’Amérique latine selon Banque mondiale.

Taux de pauvreté (seuil national INDEC) :

  • Deuxième semestre 2023 : 41,7 %
  • Premier semestre 2024 : 52,9 % (pic provoqué par la dévaluation de décembre 2023 et le choc inflationniste)
  • Deuxième semestre 2025 : 28,2 % (baisse significative liée à la désinflation)

Taux de pauvreté extrême : en hausse au S1 2024 (données précises non publiées dans les sources consultées, à vérifier via INDEC).

Accès à l’eau potable et à l’électricité : données non disponibles dans les sources consultées


Contexte et enjeux économiques

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L’Argentine entre dans une phase de stabilisation économique inédite depuis plusieurs décennies, portée par les réformes radicales engagées par Javier Milei depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2023. Son programme de choc libéral, surnommé «la motosierra» (la tronçonneuse), a combiné une dévaluation initiale du peso de plus de 50 %, des coupes massives dans les dépenses publiques (subventions énergétiques, transferts aux provinces, investissement public), et un objectif de dollarisation de l’économie partiellement abandonné au profit d’une libéralisation du change. Le résultat sur les agrégats macro est spectaculaire à court terme : l’inflation mensuelle est passée de plus de 25 % en décembre 2023 à environ 2,5–3 % mi-2025, le solde budgétaire est excédentaire pour la première fois depuis des décennies, et la croissance a repris vigoureusement en 2025. Néanmoins, le coût social a été lourd : le taux de pauvreté a atteint 52,9 % au premier semestre 2024, avant d’amorcer un recul.

L’économie argentine souffre de fragilités structurelles profondes. L’instabilité monétaire chronique, 23 programmes FMI depuis 1958, défaut de paiement en 2001 puis en 2020, inflation à trois chiffres de 2022 à 2025, a durablement érodé la confiance des investisseurs et des ménages envers le peso. La fuite des capitaux et la dollarisation informelle des patrimoines privés sont des phénomènes enracinés. La dette publique, bien qu’en nette réduction, reste élevée (85–91 % du PIB en 2024) et en grande partie libellée en devises étrangères, ce qui crée une vulnérabilité structurelle aux chocs de change.

Sur le plan des ressources, l’Argentine dispose d’un potentiel considérable : la formation Vaca Muerta peut faire du pays un exportateur net d’hydrocarbures et un acteur majeur du GNL mondial ; le «triangle du lithium» (avec la Bolivie et le Chili) place l’Argentine au cœur de la transition énergétique mondiale ; et l’agro-industrie reste un moteur d’exportation robuste. Le défi est de transformer ces atouts en croissance inclusive durable, ce qui suppose de restaurer une stabilité macroéconomique pérenne et de réduire la dépendance au financement externe.

Le FMI prévoit une croissance de 4 % en 2026, conditionnée au maintien de la discipline budgétaire et à la réussite du programme de stabilisation monétaire post-libéralisation du change. La Banque mondiale note que la reprise de 2025 est réelle mais que les gains sociaux, réduction de la pauvreté, emploi formel, accès aux services, nécessiteront plusieurs années pour s’ancrer durablement.

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