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L'actualité bolivienne en 1994

Deuxième année de présidence pour Gonzalo Sanchez de Lozada, marquée par une relance du plan d'ajustement structurel, dont le coût social a continué à susciter des remous politiques et sociaux importants. La fermeture des mines déficitaires de l'Altiplano a conduit les ouvriers licenciés à se recycler dans la culture de la coca, qui reste un secteur essentiel de l'économie et, dans une certaine mesure, le garant d'une très relative paix sociale.
La nomination en mars d'un Premier ministre en la personne de Antonio Aranibar constitue la seule nouveauté de l'année 1994 au plan politique. Les troubles sociaux qui avaient marqué les premiers mois de la nouvelle présidence se sont poursuivis, et le gouvernement a dû négocier un accord avec les syndicats pour la restructuration de la Comibol, une entreprise publique minière qui avait perdu 20 millions de dollars en 1993, et ce en dépit d'un dégraissage spectaculaire (23.000 licenciés sur un effectif total de 30.000 personnes). La volonté déclarée du vice-président Victor Hugo Cardenas de favoriser une politique plus soucieuse des intérêts des communautés indiennes n'aura sans doute pas dépassé le stade des intentions généreuses. C'est du moins le sentiment des nombreux Indiens licenciés après l'arrêt des exploitations minières non rentables de l'Altiplano, qui se sont tournés vers la culture de la coca alors même que les autorités poursuivent le plan d'éradication de celle-ci. On estime que cette culture contribuerait pour quelque 10 % à la formation du PIB. Hors cet aspect illégal, l'agriculture a connu une croissance de 5 % malgré des conditions climatiques défavorables.
Pour le reste, l'avenir de la Bolivie paraît incertain. Le seul résultat encourageant concerne le ralentissement de l'inflation, dont le taux annuel devait s'établir en 1994 autour de 10 %. Un résultat certes plus que sensible - le taux d'inflation atteignait 7.200 % en 1984 -, mais qui est davantage le fruit de la politique ultra-libérale des gouvernements précédents que celui de la nouvelle équipe. Si l'on se réfère aux chiffres de 1993, les exportations sont en baisse, tandis que les importations continuent d'inonder le marché. Le déficit commercial atteint 450 millions de dollars, et celui des comptes courants 560 millions, essentiellement à cause de la dette. Une situation qui serait insoutenable sans l'aide multilatérale et bilatérale que reçoit avec profusion le pays. La dette publique, qui se chiffre à 4 milliards de dollars (l'équivalent de 60 % du PIB), a augmenté dé 18 % au cours de la dernière décennie malgré les rééchelonnements successifs et le «pardon» accordé à plusieurs reprises.
Les trois prochaines années seront critiques: soit la «capitalisation» décidée en 1993 par le président de la République se convertit en moteur de la production, et relance l'emploi, soit le modèle néo-libéral se révèle non viable à cause des profonds déséquilibres sociaux. Jusqu'à présent, seule l'économie de la cocaïne neutralise une explosion sociale latente.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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