Peu
de turbulences politiques et sociales pour l'année 1995.
Le recentrage entrepris par le gouvernement de Gonzalo Sanchez
de Lozada commence à porter ses fruits, comme l'attestent
la bonne tenue des principaux indicateurs macro-économiques
et la confiance retrouvée des créanciers de
La Paz.
Cette
année encore, l'«opération zéro»,
qui vise à substituer aux plantations de coca d'autres
cultures, a dressé les paysans, notamment dans la
région du Chaparé, contre les autorités.
Le mécontentement, déjà largement perceptible
en 1994, a tourné à l'affrontement en
février 1995: des paysans résolument
opposés à tout rachat de leurs terres ont
dû en découdre avec l'armée. Le gouvernement
de Gonzalo Sanchez de Lozada a finalement choisi de lâcher
du lest: seules seront désormais interdites les productions
nouvelles de coca qualifiées de surproduction.
Après la défection, en 1994, de son allié
Max Fernandez de l'Union civique de la solidarité
(UCS), le chef de l'État a pris acte de l'échec
de l'alliance gouvernementale, sans toutefois renoncer à
entreprendre des réformes contestées: ainsi
a-t-il institué un système d'OTB (organisations
territoriales de base) destinées à prendre
en charge les travaux publics et les services communautaires.
Dénonçant une tentative d'empiétement
caractérisé sur leurs prérogatives,
les syndicats se sont opposés aux OTB et n'ont pas
manqué de critiquer la politique néo-libérale
conduite par le MNR (Mouvement nationaliste révolutionnaire).
Pourtant,
deux ans après son entrée en fonction, le
président bolivien peut revendiquer un bilan favorable
sur le plan des grands équilibres économiques
du pays: l'inflation est stabilisée autour de 7 %,
et les réserves de devises ont atteint le plus haut
niveau de l'histoire du pays en dépassant 550 millions
de dollars. Enfin, l'augmentation de l'aide étrangère
(plus de 1 milliard de dollars pour 1995) témoigne
de la bonne image dont bénéficie la Bolivie
auprès de ses créanciers.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002