Elu
le 5 août 1997 au second tour de scrutin
par une majorité des 157 membres du Parlement bicaméral
renouvelé le 1er juin, le général
Hugo Banzer est devenu le premier ex-dictateur latino-américain
à retrouver démocratiquement le pouvoir. Succédant
au libéral Gonzalo Sanchez de Lozada, il s'est plus
engagé à humaniser les conséquences
des réformes qu'à les suspendre.
Afin
de pouvoir rassembler la majorité des voix sur sa
candidature, H. Banzer s'est attaché à
former une vaste coalition la plus importante jamais
réunie dans l'histoire de la vie politique bolivienne.
Autour de l'Action démocratique nationaliste (ADN),
qu'il avait créée en 1979, l'ex-dictateur
a réussi à obtenir le soutien des voix du
Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) ainsi
que celles de la Conscience de la patrie (Condepa, groupement
de mouvements populistes) et de l'Union civique solidarité
(UCS). Ces quatre forces avaient rassemblé quelque
70 % des votes exprimés lors de l'élection
du 1er juin, à l'issue de laquelle le général
Banzer était arrivé en tête, devant
Juan Carlos Duran, son concurrent du Mouvement nationaliste
révolutionnaire (MNR, au pouvoir).
Pour
la majorité des commentateurs politiques de la scène
bolivienne, le retour au pouvoir du général
Banzer ne devrait pas marquer une grande rupture avec la
politique conduite par son prédécesseur. Ainsi,
les mesures d'ajustement qu'il préconise ne paraissent
pas de nature à revenir sur les transformations réalisées
au cours des quatre années précédentes.
Un sentiment que partageait Simon Reyes, dirigeant du Parti
communiste bolivien et l'un des anciens chefs de la Centrale
ouvrière bolivienne (COB). Si cette politique a permis
à la Bolivie de renouer avec la croissance, la réforme
des entreprises publiques puis leur privatisation ont entraîné
des licenciements massifs, contribuant à accroître
la fragilité d'une société où
60 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté.
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