Pendant
quatre ans, le président Gonzalo Sanchez de Lozada
s'était employé à maintenir la cohésion
de la coalition gouvernementale tout en poursuivant une
politique de libéralisation de l'économie.
Il a certes laissé à son successeur, l'ex-dictateur
Hugo Banzer, un pays pauvre, mais néanmoins bien
engagé sur la voie de la modernisation. Otage de
ses alliances, le nouveau chef de l'État n'a convaincu
ni les Boliviens ni les organismes internationaux de ses
capacités de gestionnaire.
De
toute évidence, les satisfecit octroyés par
les institutions de Bretton Woods à la gestion du
président Sanchez de Lozada n'ont pas persuadé
les électeurs de renouveler son bail à la
tête de l'État. La politique de restructuration
en profondeur a en effet accru la précarité
sociale en provoquant de nombreux licenciements. C'est donc
porté par la grogne sociale que l'ancien dictateur
Hugo Banzer (1971-1978) a retrouvé le fauteuil présidentiel
à l'issue du scrutin de 1997. Mais, élu
avec une faible avance, il a dû contracter une alliance
contre nature avec les sociaux-démocrates et une
formation populiste.
Hétéroclite
donc, la «mégacoalition», comme l'ont
surnommée les Boliviens, n'a pas réussi à
mettre au point un programme commun. On sait donc que le
président s'est engagé à «corriger»
les égarements du modèle libéral à
et l'«humaniser». Mais ces déclarations
de principe ont vite buté sur un fait têtu,
en l'occurrence le programme d'ajustement et de réformes
structurelles sur l'application duquel le FMI et la Banque
mondiale veillent avec la plus grande attention. C'est donc
peu de dire que la marge de manuvre du président
Banzer se trouve contrainte. Ainsi, après avoir ouvertement
critiqué les privatisations et s'être engagé
à y mettre un terme, le chef de l'État a dû
faire marche arrière. Son entêtement aurait
fait perdre à la Bolivie la crédibilité
internationale et la stabilité économique
si difficilement acquises. Car si les Boliviens n'en ont
pas encore touché les dividendes, les résultats
macroéconomiques ont été positifs en 1998,
avec notamment une inflation maintenue à moins de
10 %.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002