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L'actualité bolivienne en 2001

De nouveau, la Bolivie a connu une épouvantable année économique et sociale. Il est vrai que, depuis le retour de la démocratie en 1982, les années sombres se sont succédé. On avait dit du millésime 2000 qu'il avait été sans précédent. Force est de constater que les événements de 2001 resteront malheureusement aussi dans les mémoires. Et comme rien ne semble de nature à enrayer la récession à court terme, tensions sociales, grèves et manifestations devraient encore dessiner un futur bien bouché.
Déjà en 2000, la Bolivie avait connu des explosions de violence liées à la mobilisation des paysans pour la défense des ressources naturelles — la terre, l'eau — et culturelles — la coca. On se souvient que ces revendications avaient rapidement gagné d'autres secteurs de la vie civile. Le programme de relance mis en œuvre par le gouvernement de Hugo Banzer pour apaiser les tensions n'a pas eu les effets escomptés. Ainsi, à partir du mois d'avril, la Bolivie a de nouveau été le théâtre de multiples conflits. Très vite, face à la violence des manifestations, la police et l'armée ont dû intervenir, contribuant à exacerber les tensions. Ainsi, le 25 avril, il a fallu l'intervention de plus de 2.000 soldats pour dégager la principale route du pays, Cochabamba-Santa Cruz — à 600 kilomètres à l'est de la capitale —, qui était bloquée par des producteurs de coca. Auparavant, les manifestants avaient tenté d'occuper le centre de La Paz au terme d'une marche de deux semaines à travers le pays. Mais un imposant déploiement policier et militaire les en avait empêchés. Aussi les manifestants s'étaient décidés, en manière de riposte, à couper à des points stratégiques le réseau routier. Ils auront d'ailleurs trouvé un encouragement de la part d'un important syndicat paysan. Plus largement, les grévistes ont dû affronter les forces de l'ordre dans toutes les grandes villes du pays. Cette flambée de manifestations est, selon les producteurs de coca, la conséquence du programme d'éradication des cultures, en vigueur depuis 1998, soutenu par les États-Unis et qui les prive de leurs ressources, les condamnant à la misère. Pour sa part, le chef de l'État a affirmé qu'il ne tolérerait aucun barrage routier et qu'il était hors de question de négocier. Aussi a-t-il demandé aux forces de l'ordre de faire usage de la plus grande fermeté. En réprimant ainsi les manifestations de producteurs de coca, le gouvernement du président Banzer touche au cœur du secteur informel, celui-là même qui jusqu'à présent amortissait le coût de l'ajustement structurel et dont dépendent près de 70 % de la population active. Quant aux perspectives, elles sont pour le moins d'une effrayante inconsistance. Après s'être défait de la quasi-totalité des activités productives, l'État s'est tourné vers le secteur privé. Mais compte tenu de l'atonie de la demande, ce dernier s'est vite trouvé littéralement asphyxié par les dettes et la récession.
La Bolivie présente les plus mauvais indicateurs de l'Amérique du Sud en matière de développement humain : 20 % des Boliviens les plus pauvres se partagent 4 % de la richesse nationale, tandis que 20 % des riches possèdent 54 % de celle-ci. C'est pourquoi la Bolivie a été le premier pays latino-américain à bénéficier du programme mis en place par le FMI et la Banque mondiale dans le cadre de l'initiative pour les pays pauvres très endettés. Son application permettrait de réduire de 30 % la dette extérieure en quinze ans.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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