Au
17éme siecle, la littérature brésilienne
n'était encore qu'une pâle imitation de la littérature
ibérique, bien que le talent de Gregorio de Matos Guerra
se soit nettement affirmé avec sa poésie satirique
sur Bahia et les gens de son époque. Le 18éme
siècle, en revanche, fut marqué par la floraison
dans tout le pays de diverses Académies, où se
réunissaient les poètes Manuel da Costa, Basilio
da Gama, Alvarenga Peixoto, Antonio Gonzaga, qui essayèrent
de se libérer de l'influence du grand poète portugais
Camoëns.
C'est
seulement au 19éme siècle que le Brésil
conquit son indépendance. De bons romanciers contèrent
les histoires de la vie quotidienne ou du folklore brésilien,
comme José de Alencar (O Guarani, Iracena), Joaquim
Manuel de Macedo (A Moreninha), Antonio de Almeida ou encore
Casimiro de Abreu et José Bonifacio de Andrade, Tous
grands défenseurs des Indiens et des Noirs.
La fin
du 19éme siècle est incontestablement dominée
par le grand romancier mulâtre Machado de Assis (Dom
Casmurro, Memorias Postumas de Bras Cubas, Quincas Borbas,
Reliquias de Casa Velha) qui masque un peu d'autres bons auteurs
comme Raul Pompeia (O Ateneu), Aluizio Azevedo, Coelho Neto,
Euclides de Cunha, Lima Barreto, Graça Aranha, ainsi
que l'écrivain politique Rui Barbosa et le célèbre
conteur pour enfants Monteiro Lobato (O Saci), ou les poètes
Alberto de Oliveira, Vicente de Carvalho et le Noir Cruz e
Souza.
Au 20éme
siècle, c'est seulement en 1922, au cours de la semaine
de l'art moderne à Sao Paulo que se révéla
un mouvement moderniste inspiré par Cocteau et Cendrars.
On découvrit alors Mario de Andrade ( Pauliceia Desvairada,
Clä do Jabuti), Alcântara Machado, Oswald de Andrade,
Guiherme de Almeida et Manuel Bandeira.
Puis vers les années 30, la littérature commença
à s'intéresser aux problèmes socio-économiques
ainsi qu'aux aspects régionalistes de la psychologie
brésilienne. Aussi naquit l'uvre du socioloque-historien
Gilberto Freyre, alors que les romanciers dépeignaient
la douceur de leur terre, comme Rachel de Queiroz, du Cearà,
José Lins de Rego, du Paraiba, Graciliano Ramos, de
l'Alagoas, Erico Verissimo du Rio Grande do Sul, et le plus
célèbre d'entres eux, Jorge Amado, qui sait
si bien chanter Bahia (Mar morte, Capitaes de Areia, Gabriela
Cravo e canela, Bahia de Todos os Santos). L'après
guerre est marqué par le rayonnement de deux très
grands écrivains : Clarice Lispector (1917-1977) et
Joao Guimaraes rosa (1908-1968).
Parmi
les poètes contemporains, il faut noter Carlos Drummond
de Andrade, Murilo Mendes, Jorge de Lima, cecilia Meireles,
Joao Cabral de Melo Neto et le très sensible Vinicius
de Morais.