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L'actualité du Costa Rica en 1995

En dépit de ses efforts pour se conformer aux exigences des grandes institutions financières internationales, le Costa Rica a connu une nouvelle année sombre. Les plans d'austérité successifs se sont traduits par une multiplication des affrontements violents, signe d'une aggravation des tensions sociales.
Tout le monde au Costa Rica se souvient que le président social-démocrate, José-Maria Figueres (élu en mai 1994), avait fait campagne contre les programmes d'ajustement économique imposés par les organismes financiers. Un bon argument de campagne, qui s'est révélé immédiatement inapplicable. Si la première année du mandat du chef de l'État a été difficile, la seconde n'aura pas été de tout repos.
Le gouvernement, qui avait dû batailler ferme pour faire adopter par le Parlement le troisième plan d'ajustement structurel exigé par les autorités financières internationales, a vécu comme un camouflet la décision de la Banque mondiale (2 mars 1995) de renoncer à lui consentir un prêt de 80 millions de dollars. La Banque mondiale a justifié sa position en mettant en avant les mauvaises performances macroéconomiques du Costa Rica: ralentissement de la croissance (4,7 % en 1994, contre 6,1 % l'année précédente), montée des prix et déséquilibre budgétaire (le déficit fiscal est passé de 1,9 à 7 % du PNB).
Pourtant le Costa Rica n'entend pas ménager sa peine pour retrouver l'accès au crédit et attirer des capitaux étrangers. Il suffit pour s'en convaincre de considérer les dispositions qui, arrêtées en 1994, sont entrées en vigueur l'année suivante: augmentation de 50 % de l'impôt sur les ventes, taxe de 15 % sur les combustibles et augmentation des coûts des services publics (21 % pour l'électricité et 30 % pour l'eau).
Les autorités ont également accepté de mettre fin au monopole des assurances, de réformer la société nationale des pétroles (RECOPE) et de supprimer 25.000 emplois dans la fonction publique, sur un total de 176.000 personnes. Un tabou subsistait cependant: la privatisation de la banque nationalisée en 1948... par le père de l'actuel président. Enfin, plusieurs investisseurs étrangers, séduits par l'entrée en vigueur de l'ALENA, ont commencé à transférer leurs activités au Mexique.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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