Confrontées
pour la seconde année consécutive à
une croissance médiocre, les autorités costariciennes
semblent s'être brusquement souvenues que le pays
avait besoin d'une modernisation des infrastructures et
d'une profonde réforme de l'administration. Un chantier
difficile à mettre en uvre au moment où
la cote de popularité du président Rodriguez
se trouvait indexée sur celle de la croissance.
En
attendant l'élection présidentielle prévue
pour 2002, le chef de l'État, Miguel Angel Rodriguez,
a passé une bien mauvaise année. Alors qu'il
avait déjà chuté de près de
40 points dans les sondages en mai 2000, il aura réussi
à rassembler sur son nom et contre son
action quelque 85 % de mécontents.
Cette impopularité record renvoie au train de privatisations
que le gouvernement a voulu mettre en uvre dans le
souci de renflouer les caisses de l'État. Le projet
des autorités, qui visait à transférer
au secteur privé le secteur électrique et
les télécommunications, a déclenché
une vague de protestations au sein d'une population qui
a signifié ainsi son profond attachement au maintien
d'un secteur public fort, d'ailleurs plutôt efficace
comparé à ce qui prévaut en la matière
dans les pays voisins. En dépit de ces difficultés
et des nécessaires ajustements auxquels les autorités
devront se résoudre, notamment en matière
de modernisation des infrastructures et de l'administration,
le Costa Rica reste une oasis de stabilité politique
et de richesse économique, dont témoignent
un PIB par habitant de 3.000 dollars et un taux de chômage
peu élevé (5 %). Quoi qu'il en soit,
la diversification de l'économie devrait constituer
le grand chantier du futur gouvernement : dépendante
des productions de café et de bananes jusque dans
les années 1970, l'économie est aujourd'hui
tributaire de l'industrie du microprocesseur.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002