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#1 2006-09-15 22:11:36

smarty
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Des origines des premiers habitants de l'Amérique

http://artslivres.com/ShowArticle.php?Id=13

Extraits:


II . DES CAUCASIENS VENUS D'ASIE ?

Or voilà que depuis 1996 on exhume des crânes caucasoïdes ( et négroïdes, cf. plus bas ) ! En effet, trois découvertes fossiles trouvées aux Etats-Unis montrent des crânes aux traits distinctement caucasoïdes.

II.1 . L'Homme de Kennewick :

Il fut découvert le 28 juillet 1996 près de la rivière Columbia, dans la région de Kennewick, petite bourgade de l'Etat de Washington. Il connut un retentissement médiatique considérable, pour trois raisons :

1. le squelette, d'abord vu comme résultat d'un homicide récent, ainsi que le gros morceau de pierre sur son os iliaque, intriguent l'anthropologue James Chatters. En effet, l'examen au radiocarbone donne ~7 000 BC, signe que l'os eut le temps de croître et serrer la pointe du projectile : l'homme avait donc survécu à ses blessures.

2. Ensuite, le crâne, atypique, allongé et étroit, et non pas large et aplati comme ceux des Amérindiens, le conduit à demander à Thomas McClelland une reconstittion des traits selon les dernières techniques ostéométriques et anthropométriques de médecine légale. Le résultat est surprenant : ils sont caucasoïdes et semblables à ceux de l'acteur Patrick Stewart ( Star Trek ). Cela raviva les revendications de tribus indiennes qui considèrent l'Homme de Kennewick comme un ancêtre, qu'ils appellent l'Ancien ( the Ancient One [2] ).

II.2 . L'Homme de Spirit Cave

C'est la plus ancienne momie naturelle d'Amérique du Nord. Trouvée le 11 août 1940 à Spirit Cave au Nevada par le couple Wheeler, il ne put être daté de 7400 BC par radiocarbone qu'une décennie après. L'homme vécut aux abords du lac Lahontan, aujourd'hui asséché. Il avait la main droite brisée, souffrait d'hernie discale, d'une fracture au dos et de douleurs chroniques dorsales ( arthrite ). Un coup porté à la tempe gauche en fractura l'os, qui portait néanmoins des signes de réparation à sa mort, suite à la blessure ou aux deux abcès identifiés sur ses mâchoires.

Enterré sur son flanc droit à faible profondeur, le climat préserva des lambeaux de peau et des cheveux noirs à hauteur d'épaule qui virèrent au rouge-brun au con-tact de l'air. Il portait des habits tissés à partir de fourrure de lapin, deux étoles en fibres de roseau, et des mocassins à semelle faits de trois types de cuir animal et cousus avec chanvre et tendons. Ses intestins desséchés contenaient les arrêtes d'un dernier repas…

II.3 . L'homme de Wizard's Beach

Daté de 7.200 BC, il fut trouvé en 1978 à quelque 150 km de Spirit Cave, grâce à une grande sécheresse qui abaissa le niveau du lac Pyramide. Celui-ci étant plus élevé à l'Holocène, l'endroit d'exhumation suggère qu'il mourut lors d'une sécheresse semblable. La moitié du squelette manque à cause l'action des vagues du lac, mais l'analyse montre qu'il était grand ( ~1m70 ), musclé, plus robuste et en meilleure santé que l'Homme de Spirit Cave.

II.4 . Points Communs

L'analyse osseuse de ces trois fossiles lui donne une mort vers 45 ans, avec des traits très différents de ceux des Amérindiens : la morphologie les rapproche des populations caucasiennes actuelles.

Steele de l'Université A&M du Texas les a soigneusement étudiés : ils ont des similitudes statistiques avec certaines populations d'Asie-Pacifique et d'Europe. James Chatters n'exclut pas une possible origine européenne, mais il voit plutôt une migration béringienne, ou par le Pacifique, apparentée au peuple Ainu aujourd'hui acculé à la seule île de Hokkaido.

Mais les découvertes de ces squelettes dérangent les autorités américaines autant que les minorités indiennes. En effet, pour arrêter les pillages et profanations de sépultures indigènes, la Native American Graves Protection and Repatriation Act ( NAGPRA ) fut adoptée en 1990, obligeant tout artefact funéraire à être retourné aux tribus qui le réclameraient. Partie d'un bon sentiment, elle devient une sérieuse entrave à la science, malgré une dérogation en cas d'intérêt national : l'association Friends of the American Past basée à Portland a recencé six cas d'ossements remis de force pour enterrement, perdus à jamais pour la recherche en raison de la putréfaction inéluctables après inhumation :

1. les crânes d'une jeune femme de Buhl ( Idaho ) vieux de 10 750 ans et d'une jeune fille de 7 800 ans trouvé au même endroit ;
2. les restes d'un homme de 40 ans de 8 000 ans, ou le crâne très particulier, large et court, nez court et dents longues de cette femme des rapides du Pélican ont ainsi tous été remis aux tribus qui en firent la demande, de manière souvent musclée ;
3. L'Homme de Kennewick lui-meme dut etre retourné ;
4. une femme de 9 700 ans du Colorado ;
5. un bébé de 10 800 ans du Montana ;
6. et des momies naturelles vieilles de 9 400 ans au Nevada ont vu leurs recherches interrompues en attendant le résultat de plaintes indiennes.

La scénario par le Détroit de Bering n'est pas écartée pour autant, mais une piste parallèle est avancée : les recherches de Reinhard Pienitz [3] de l'Université de Laval montrent vers 13 500 BC l'ouverture d'un long et étroit passage ( environ 1.000 km ) sur la côte ouest, avec les flore et mégafaune de l'époque. Ce deuxième corridor, côtier et recouvert par le glacier 4 000 ans plus tard, gît aujourd'hui par 150 mètres de fond au large des îles Queen Charlotte, en Colombie Britannique ( Canada ) : les sismographes ont décelé d'antiques lits de rivières et lacs, des montagnes et vallées, des plages et bassins [3]. L'équipe trouva aussi des bifaces vieux de 10 200 ans et un crâne humain de 9 880 ans dans une grotte de l'Ile du Prince-de-Galles plus au nord [3]. Pienitz put reconstituer les conditions climatiques d'alors en étudiant les diatomées, ces algues microscopiques à la charnière des règnes animal et végétal à coque de silice qui en fait de magnifiques fossiles exploitables, omniprésentes ( 200 à 300 espèces dans tout échantillonnage ) et en quantités dans toutes les eaux…


III . UNE IMMIGRATION VENUE D'EUROPE ?

Dennis Stanford fait aussi et surtout l'hypothèse surprenante d'Européens du Néolithique traversant l'Atlantique vers 18.000 BC : « il existe en Amérique quatre types de populations issues d'un même tronc originaire d'Asie centrale. Or on a récemment découvert deux autres marqueurs génétiques ne possèdant pas de caractéristiques asiatiques. L'un appelé U n'apparaît que dans les squelettes préhistoriques. L'autre, baptisé X est présent chez les Algonquins [Est du Saint-Laurent] et certains Indiens actuels du Nouveau-Mexique, mais aussi en Europe, dans les ossements d'hommes du Solutréen de la péninsule ibérique et du sud de la France. Or ces derniers avaient mis au point une technique particulière de taille de pierre ressemblant étrangement… à celle des pointes de flèches découvertes dans les plus anciens sites américains comme Cactus Hill. A cette époque, une grande partie de l'hémisphère Nord était prise par les glaces et le niveau des mers était beaucoup plus bas qu'aujourd'hui : la distance entre les côtes d'Irlande ( où l'on a trouvé des vestiges solutréens ) et celles du continent américain n'étaient alors que de 2.500 km [soit en gros la longueur de la Méditerranée, du Levant à Gibraltar]. Des bandes de terre et de banquise où vivaient de nombreux animaux marins s'é-tendaient alors au nord de l'Atlantique. Il devait être relativement facile à ces chasseurs de caboter le long de cette ligne avec de petites embarcations, en campant sur la glace [1] ».

En effet, la plupart des cultures du haut-paléolithique d'Eurasie sont unifaces, alors que celles de Clovis et du Solutréen sont bifaces et, qui plus est, de technologie et ancienneté similaires. Or on retrouve sur les deux continents des cachettes avec ces bifaces, souvent associés à de l'ocre dont on ignore la signification. Stanford reconnaît l'absence de vestiges d'embarcations, sans doute des pirogues recouvertes de peaux depuis décomposées dit-il, mais rappelle qu'on en trouve davantage en Australie que les Aborigènes gagnèrent voici 50~100.000 ans par mer. On sait aussi que les Guanches, issus de Cro-Magnons de France ou Espagne, surent naviguer jusqu'aux Canaries.

La North Atlantic Bio-Cultural Organization récemment créée par des scientifiques de part et d'autre de l'Atlantique étudie les cultures partageant les mêmes adaptations en Mer du Nord. La récente découverte par le Centre d'Etudes Artiques du Smithsonian d'anciennes cultures maritimes ( Red Paint People of Maine ou Maritime archaic ) renforce l'hypothèse. Ainsi, l'environnement océanique est-il perçu comme une force formatrice des Nouveau et Vieux mondes. Le Center for the Study of the First Americans de l'Oregon State University étudie d'ailleurs les gènes des deux côtés de l'Atlantique… Affaire à suivre.

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