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L'actualité du Guatemala en 1996

L'élection en janvier 1996 d'Álvaro Arzú à la présidence de la République a permis de mettre un terme à la guerre civile qui ravageait le pays depuis une quarantaine d'années. En limogeant des officiers compromis dans la répression contre les Indiens, le chef de l'État a manifesté sa volonté d'ancrer le Guatemala sur la voie de la démocratisation.


Le 14 janvier 1996, au terme d'une élection sans incident majeur, le président Arzú a pu prononcer son discours d'investiture dans le salon principal du centre culturel Miguel-Angel-Asturias, prix Nobel de littérature et père d'un des principaux dirigeants de la guérilla. Homme d'affaires conservateur, ancien maire de Guatemala Ciudad, chef du Parti d'avancée nationale (PAN), Álvaro Arzú, démocrate-chrétien, ouvertement soutenu par l'Église catholique, l'a emporté au second tour avec 35,56 % des voix, devançant Alfonso Portillo, homme de paille du chef du Front républicain guatémaltèque (FRG) et ancien dictateur, le général Ríos Montt, appuyé par les pasteurs évangélistes, qui a obtenu 22,08 % des suffrages. Ce sont les villes qui ont assuré la victoire du candidat du PAN – la capitale faisant la différence –, car le FRG l'a emporté dans les campagnes et dans 19 départements. La délinquance qui submerge les campagnes explique sans doute qu'on y ait porté majoritairement ses voix sur le général Montt, réputé être un homme à poigne. Fait nouveau, l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG), principale force de la guérilla, a appelé la population à voter. Également inattendue, la présence pour la première fois depuis quarante ans d'une formation de gauche: à l'initiative d'une vingtaine d'organisations populaires et de secteurs des classes moyennes, un parti, le Front démocratique pour le nouveau Guatemala (FDNG), a en effet été créé soixante jours avant la date du scrutin. En dépit de son manque d'expérience et d'argent et d'un accès très limité aux médias, le FDNG est devenu, avec 7,7 % des voix, la troisième force politique du pays. Conformément à ses promesses, le chef de l'État a repris langue avec l'URNG: le 4 décembre, un cessez-le-feu était conclu à Oslo, prélude à un accord de paix comportant plusieurs volets. À Stockholm, un accord a été trouvé sur les réformes constitutionnelles à mettre en œuvre. À Madrid, a été organisée l'incorporation de l'URNG à la vie politique légale. Enfin, le 29 décembre, à Guatemala Ciudad, un accord de «paix ferme et durable» a mis un terme à la guerre civile. Nul doute que la présence de personnalités de gauche dans le nouveau gouvernement aura permis d'aboutir à cet épilogue.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

 

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