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L'actualité du Guatemala en 1999

Bien que le Guatemala ait été moins touché que le Nicaragua et le Honduras par le cyclone Mitch, qui a dévasté l'Amérique centrale en 1998, le pays aura toutefois subi des dégâts considérables. Les inondations ayant partiellement détruit les bananeraies et la récolte de café, les effets se sont fait sentir sur la croissance, qui a reculé en 1999 de plus d'un point. Pour le reste, les autorités guatémaltèques se sont attachées à appliquer les accords de paix conclus avec les guérilleros en 1996. De l'année politique 1999, on retiendra d'abord le référendum du 16 mai, portant sur 50 réformes constitutionnelles. Le triomphe du «non» a incontestablement représenté une défaite pour les Indiens, qui représentent quelque 60 % des 11 millions de Guatémaltèques. En effet, 50,63 % des électeurs ont repoussé les modifications qui auraient permis une véritable reconnaissance de l'identité et des droits de la majorité indienne. Selon les résultats définitifs communiqués par le Tribunal suprême électoral (TSE), seuls 40,40 % des votants ont choisi de dire «oui» aux réformes, les votes nuls et blancs représentant 9 %. Mais c'est assurément la faible mobilisation des électeurs — 81,45 % de taux d'abstention — qui a frappé les observateurs. Pour tous ceux qui avaient appelé à se prononcer en faveur des réformes constitutionnelles — c'est-à-dire le gouvernement et la quasi-totalité des partis politiques —, cette mobilisation particulièrement faible a constitué un échec certain. Ces réformes, en faveur desquelles le président Álvaro Arzú s'était personnellement engagé et qui avaient reçu une approbation massive du Congrès, auraient permis de donner un cadre légal aux accords de paix de 1996 signés par le gouvernement du président Arzú et les rebelles, après trente-six ans de guerre civile. Le rejet des réformes constitutionnelles a contribué à ternir un peu plus le climat de réconciliation qui régnait au Guatemala depuis la signature de l'accord de paix et qui avait déjà été quelque peu mis à mal en 1998 avec l'assassinat de l'évêque auxiliaire de la capitale, Mgr Juan Gerardi. En effet, un an plus tard, la hiérarchie catholique restait persuadée que les auteurs de cet assassinat appartiennent à une faction de l'armée hostile aux accords de paix. À l'appui de cette thèse, l'Église guatémaltèque rappelle que, deux jours avant sa mort, Mgr Gerardi avait rendu public un rapport accablant sur le rôle de l'armée dans la répression exercée à l'époque de la guerre civile.

Bien que ce meurtre ait ravivé les tensions entre l'institution militaire et l'Église, il n'a toutefois pas fait obstacle à l'application des accords de paix dans ses grandes lignes. Ainsi, les pays donateurs ont confirmé leur soutien au Guatemala tout en subordonnant le déblocage de l'aide promise — 1,9 milliard de dollars — à l'application des accords signés avec les anciens guérilleros de l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG), convertie en parti politique. Par ailleurs, le gouvernement, confronté à la faiblesse des rentrées fiscales, a annoncé la privatisation des ports et des aéroports afin de faire face au coût de la reconstruction des infrastructures détruites par le cyclone Mitch. Ces nouvelles privatisations s'inscrivent dans le cadre d'une politique générale qui a vu la compagnie nationale d'électricité EEGSA, la société téléphonique Telgua, les Postes et le transport ferroviaire passer dans le secteur privé, le plus souvent dans les mains d'investisseurs étrangers. Le recul du PIB — il est passé de 4,8 % en 1998 à 3,5 % en 1999 — a donné la mesure des conséquences économiques de la catastrophe.


© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

 

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