Pour
la deuxième année de sa présidence,
Carlos Roberto Reina a dû faire face à une
situation économique difficile, avec une croissance
négative et une inflation galopante. Par ailleurs,
la montée de la délinquance a renforcé
l'argument sécuritaire au moment où le chef
de l'État entendait limiter le champ d'action des
forces de l'ordre.
La partie de bras de fer entamée en 1994 par
le président Carlos Roberto Reina avec les forces
de l'ordre et l'armée dont plusieurs signes
d'impatience avaient fait craindre un temps l'imminence
d'un putsch a finalement tourné à l'avantage
du chef de l'État. Le 23 janvier 1995,
ce dernier a réussi à faire passer les forces
de police sous contrôle civil et a obtenu la dissolution
de la Direction nationale d'investigation (DNI), accusée
par le passé de nombreuses violations des droits
de l'Homme. Le nouveau président, qui est un libéral
centriste, entend rétablir les liens avec Cuba, lutter
contre la corruption et donner du Honduras l'image d'une
social-démocratie de type costaricienne.
L'ampleur
de la grande crise économique de 1994
aggravée par une pénurie énergétique
due à une forte sécheresse a continué
de secouer ce pays déshérité de l'Amérique
centrale, déchirant un peu plus un tissu social en
mal de repères.
L'année
économique s'est ouverte avec le troisième
programme d'ajustement structurel voté en octobre 1994
par le Parlement. Les mesures d'austérité
arrêtées pour lutter contre le déficit
fiscal (11,2 % du PIB en 1993) comprennent notamment
la création de nouvelles taxes (20 % sur les
produits de luxe et 10 % sur les alcools), une réduction
des emplois dans la fonction publique (7.000 suppressions
prévues) et des économies budgétaires.
Ce
programme d'ajustement structurel s'est accompagné
d'un plan dit de compensation sociale qui s'est traduit
dans les faits par le blocage du prix d'une vingtaine de
produits alimentaires de base. Pour rétablir une
économie bien mal en point, le Honduras entend développer
la culture du café, dont les surfaces cultivables
sont passées de 750 hectares en 1985 à
12.250 hectares en 1995, l'industrie du meuble en acajou,
l'élevage des crevettes et le tourisme dans la mer
des Caraïbes.
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