Accueil

L'actualité du Honduras en 1996

Fort du succès de la «révolution morale» promise à ses électeurs, le président Carlos Reina est en passe de gagner son pari: renforcer le pouvoir civil au détriment des militaires. Mais la situation économique est apparue de nature à limiter la marge de manœuvre du gouvernement.
En 1996, le président Carlos Reina entamait la troisième année de sa magistrature. À mi-mandat, il pouvait se prévaloir d'avoir renforcé le pouvoir civil dans un pays où, traditionnellement, les militaires représentent une composante importante de la vie politique, et donc une menace potentielle. Signe des temps, le chef de l'État a ainsi pu imposer au ministère de la Défense un général qui n'était pas celui choisi par les autorités militaires. Le président a fait montre de la même détermination en matière de lutte contre la corruption, au point que sa campagne de «révolution morale» s'est transformée en véritable boîte de Pandore: on ne compte plus les scandales qui affectent aussi bien l'ancien président de la République Rafael Callejas, que les forces armées et divers services, dont les douanes. C'est d'ailleurs au nom de cette «révolution morale» que Carlos Reina avait dû, l'année précédente, accepter l'arrestation de son propre ministre des Affaires étrangères, accusé d'avoir participé à un trafic de passeports diplomatiques.
La fermeté du gouvernement à l'égard de l'armée a permis de justifier la poursuite du «plan global de modernisation de l'État», en collaboration avec le Fonds monétaire international. Ainsi une première vague de réduction des effectifs publics a-t-elle été engagée, tandis que plusieurs entreprises devaient être privatisées. Mais la situation économique n'a guère aidé les autorités qui ont dû faire face à une agitation sociale croissante.
Dans un pays qui compte parmi les plus pauvres du continent américain, on imagine sans peine les effets d'une inflation non maîtrisée: le taux d'inflation a presque triplé en deux ans, passant de 10,6 %, en 1993, à 26,8 %, en 1995. Dans ces conditions, les quelques points de croissance enregistrés par le PIB – fruit du dynamisme des exportations de café et de bananes – sont impuissants à améliorer la situation d'ensemble.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

 L'actualité en  1995  -  1996  -  1997  -  1998  -  1999  -  2000  -  2001 

Le HONDURAS en France, Belgique, Suisse et Canada

Facebook