Dans
ce pays, l'un des plus pauvres du continent américain,
l'agitation sociale, la délinquance et la criminalité
font partie du quotidien. Pourtant, cette année ce
ne sont ni la recrudescence des actions des bandes armées
ni l'augmentation des enlèvements qui ont retenu
l'attention des observateurs étrangers, mais bien
plutôt les élections générales
du 30 novembre, à l'issue desquelles la droite
a été reconduite aux affaires.
Il
est vrai que le maintien de la droite à la tête
du pays pouvait surprendre. Particulièrement malmené
depuis la mise en place en 1990 d'un sévère
plan d'ajustement économique, les Honduriens ont
malgré tout choisi la continuité en renouvelant
le bail du parti libéral (conservateur), dont le
candidat à la présidence, Carlos Flores, a
recueilli 53 % des suffrages. Avec 70 députés
sur 128, les libéraux disposent donc de la majorité
absolue au Parlement. Leurs rivaux nationalistes ont obtenu
54 sièges. En dépit de ses divisions, la gauche
s'est adjugé 4 sièges, soit deux fois plus
que lors du scrutin précédent, en 1993.
Pour la gauche, qui n'est jamais parvenue à ébrécher
les positions des conservateurs depuis le début du
siècle, ce score est sans précédent.
S'appuyant
sur les statistiques officielles selon lesquelles près
de 80 % de la population est touchée par la
pauvreté, la gauche estime que le gouvernement doit
cesser d'appliquer une politique «immorale»
pour se consacrer au développement d'«un projet
national répondant aux intérêts du pays
et non à ceux du FMI». Un point de vue partagé
par les deux candidats de la droite, qui déploraient,
pendant la campagne électorale, l'indifférence
de la communauté financière internationale
à l'égard des problèmes sociaux.
Le
nouveau président s'est engagé à donner
un caractère plus «humain» à la
politique conduite par son prédécesseur, Carlos
Roberto Reina, en faisant de la création d'emplois
la priorité de son action. Aussi envisageait-il de
faire appel au secteur privé et aux capitaux étrangers
pour lutter contre le chômage. Taiwan et la Corée
du Sud, qui ont largement investi dans les usines d'assemblage
électronique et dans le textile, devraient être
de nouveau sollicitées.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002