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L'actualité du Honduras en 1997

Dans ce pays, l'un des plus pauvres du continent américain, l'agitation sociale, la délinquance et la criminalité font partie du quotidien. Pourtant, cette année ce ne sont ni la recrudescence des actions des bandes armées ni l'augmentation des enlèvements qui ont retenu l'attention des observateurs étrangers, mais bien plutôt les élections générales du 30 novembre, à l'issue desquelles la droite a été reconduite aux affaires.
Il est vrai que le maintien de la droite à la tête du pays pouvait surprendre. Particulièrement malmené depuis la mise en place en 1990 d'un sévère plan d'ajustement économique, les Honduriens ont malgré tout choisi la continuité en renouvelant le bail du parti libéral (conservateur), dont le candidat à la présidence, Carlos Flores, a recueilli 53 % des suffrages. Avec 70 députés sur 128, les libéraux disposent donc de la majorité absolue au Parlement. Leurs rivaux nationalistes ont obtenu 54 sièges. En dépit de ses divisions, la gauche s'est adjugé 4 sièges, soit deux fois plus que lors du scrutin précédent, en 1993. Pour la gauche, qui n'est jamais parvenue à ébrécher les positions des conservateurs depuis le début du siècle, ce score est sans précédent.
S'appuyant sur les statistiques officielles selon lesquelles près de 80 % de la population est touchée par la pauvreté, la gauche estime que le gouvernement doit cesser d'appliquer une politique «immorale» pour se consacrer au développement d'«un projet national répondant aux intérêts du pays et non à ceux du FMI». Un point de vue partagé par les deux candidats de la droite, qui déploraient, pendant la campagne électorale, l'indifférence de la communauté financière internationale à l'égard des problèmes sociaux.
Le nouveau président s'est engagé à donner un caractère plus «humain» à la politique conduite par son prédécesseur, Carlos Roberto Reina, en faisant de la création d'emplois la priorité de son action. Aussi envisageait-il de faire appel au secteur privé et aux capitaux étrangers pour lutter contre le chômage. Taiwan et la Corée du Sud, qui ont largement investi dans les usines d'assemblage électronique et dans le textile, devraient être de nouveau sollicitées.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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