Appelés
à désigner le chef de l'État, les électeurs
honduriens ont choisi de tourner la page en ne renouvelant
pas leur confiance au candidat du Parti libéral,
la formation présidentielle. C'est donc à
Ricardo Maduro, du Parti national (droite), qu'est revenu
le soin de mettre un terme à une corruption qui mine
toutes les tentatives de réformes structurelles entreprises
jusqu'à présent et, surtout, de combattre
une insécurité omniprésente.
En
cette année électorale, les principaux acteurs
de la vie politique auront malmené la démocratie
à un point tel que la plupart des commentateurs lui
prédisaient un avenir bien incertain. Il est vrai
que, du début de l'année à la tenue
de l'élection présidentielle en novembre,
chacun a paru s'employer à en miner les pourtant
fragiles fondations. De ces divers épisodes, on ne
retiendra ici que le retour en force de l'éternel
débat sur la légitimité des prétendants
à l'élection présidentielle. Les électeurs
en ont été eux-mêmes surpris, dans la
mesure où des primaires avaient été
organisées en décembre 2000 par les deux principales
formations, le Parti libéral, auquel appartient le
chef de l'État, Carlos Flores, et le Parti national
(PN, opposition de droite). La question semblait donc avoir
été tranchée définitivement.
Mais c'était sans compter avec les manuvres
des libéraux qui, dès janvier 2001, ont commencé
à contester la validité de la candidature
de leur adversaire, Ricardo Maduro, sous le prétexte
que ce dernier, né au Panamá, aurait été
naturalisé trop tardivement. Quoi qu'il en soit,
c'est à ce même Ricardo Maduro que les électeurs
honduriens ont choisi de remettre les clés du palais
présidentiel. Avec plus de 9 points d'avance, le
candidat du Parti national a devancé sans équivoque
le représentant du Parti libéral, Rafael Pineda,
lequel a d'ailleurs admis immédiatement sa défaite.
Lourdes tâches en perspective Les tensions suscitées
par la perspective de l'élection présidentielle
ont eu des effets négatifs sur les investissements
étrangers. À cet égard, le G12 groupe
formé par des pays et des organismes donateurs pour
la reconstruction du pays à la suite de l'ouragan
Mitch a paru d'autant plus inquiet que, selon
un rapport de l'organisation Transparence internationale,
le Honduras présente le niveau de corruption le plus
élevé des pays d'Amérique latine. Néanmoins,
le Honduras a été admis au bénéfice
de l'initiative de réduction de la dette des pays
pauvres très endettés (PPTE) et il pourrait
en attendre une réduction de sa dette de l'ordre
de 800 millions de dollars. Il reste que la nouvelle
équipe dirigée par Ricardo Maduro devra poursuivre,
au moins dans ses grandes lignes, la politique économique
des libéraux, qu'elle avait fortement critiquée
jusqu'à présent. Ainsi, les bailleurs de fonds
internationaux et les institutions de Bretton Woods attendent
du gouvernement de Ricardo Maduro qu'il réforme le
système d'assurance sociale et qu'il privatise les
télécommunications aussi bien que le secteur
électrique. Concernant l'insécurité
endémique, le nouveau président, dont le fils
a été enlevé et assassiné il
y a quatre ans dans le nord du pays, a proposé d'augmenter
le nombre de policiers, d'accroître la durée
des peines de prison et de renforcer le système pénitentiaire.
Sur
le plan international, l'année a été
marquée par un regain de tension avec le Nicaragua
voisin. Ce dernier a accusé le Honduras d'avoir ratifié
en 1999 un traité avec la Colombie qui reconnaissait
de facto la souveraineté de Bogotá sur des
îles de la mer des Caraïbes qui sont également
revendiquées par Managua.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002