Située
à 2300 m d'altitude dans les montagnes verdoyantes
du Chiapas, San Cristobal de las
Casas bénéficie d'un climat frais.
Fondée en 1528, la ville devint la capital de l'état
du Chiapas de 1824 à 1892. Elle doit son nom au dominicain
Bartolomé
de Las Casas, qui défendit les Indiens
contre les excès des colons.
Les riches héritages amérindien et espagnol,
ont été peu modifiés au cours des siècles.
L'héritage amérindien se fait visible sur les
visages, dans les langues et sur les costumes souvent très
colorés dans les rues et les marchés. L'héritage
espagnol de l'époque coloniale se dénote quant
à lui un peu partout, que ce soit dans les pavés
typiques ou les clochers d'église. Les villages environnants
sont surtout peuplés de Mayas appartenant aux groupes
tzotzil et tzettal.
L'atmosphère
détendue et particulière de cet endroit s'apprécie
en se promenant dans ses rues bordées de bas édifices
en stuc aux toits recouverts de tuiles rouges. Depuis le zócalo,
on peut observer les édifices majestueux, dont entre
autres la très grande cathédrale d'inspiration
baroque. L'atmosphère devient plus animée à
mesure qu'on remonte l'avenue du General Utrilla, bordée
de boutiques et de kiosques d'artisanat, à l'approche
de l'église de Santo Domingo, dont la façade
rosâtre richement ornée est superbement illuminée
le soir venu. Son intérieur d'inspiration rococo, rehaussée
d'une abondance de feuilles d'or et d'un maître-autel
arrondi en bois, en fait l'une des plus jolies églises
du Mexique.
Autour de l'église de Santo Domingo, des indiens étalent
des objets d'artisanat dans un marché de fortune. Le
marché principal, avec sa profusion de produits alimentaires
colorés et sa faune humaine tout aussi bigarrée,
se trouve un peu plus loin vers le nord. Si vous désirez
faire des achats, vous pouvez vous tourner vers les marchés
ainsi que vers les boutiques de la rue Real de Guadalupe,
à l'est du zócalo, ou de l'avenue General Utrilla,
où vous trouverez de beaux tissus typiques de cette
région, souvent agrémentés de couleurs
très vives : huipites (blouses brodées), châles,
vestes, képis, mouchoirs, couvertures, nappes et serviettes.
Vous vous verrez aussi proposer des objets en cuir, des céramiques
et des bijoux (surtout d'ambre).
Parmi
les sites d'intérêt, il convient de mentionner
le musée San Jolobil, à côté de
l'église de Santo Domingo. Au rez-de-chaussée
sont présentés des objets et des vitrines traitant
des époques précolombienne et coloniale. Au
premier étage sont exposées des uvres d'art
de l'époque coloniale et le vrai trésor de ce
musée, soit une collection de costumes traditionnels
des hautes terres du Chiapas. Na-Bolom, rue Vicente Guerrero,
se présente comme un musée et un centre de recherche
fondé par deux archéologues danois, Frans et
Trudi Blom. Ce couple s'est chargé, durant plusieurs
décennies, de contrer les fléaux menacent la
jungle Lacandon et ses habitants amérindiens, une lutte
qui se poursuit encore aujourd'hui avec l'aide de bénévoles
venus de plusieurs pays. Le musée présente la
collection d'objets préhispaniques recueillis par Frans
Blom ainsi que divers objets et photos illustrant la vie de
leurs contemporains.
Dans
les environs :
A une dizaine de kilomètres au nord de San Cristobal
se trouve le village de San Juan Chamula qui abrite une communauté
amérindienne. L'église, centre de culte pour
les Indiens chamulas est un parfait exemple du syncrétisme
entre croyances catholiques et Mayas.
A deux heures de route Tuxtla Gutiérrez, qui se trouve
seulement à 532 m d'altitude et à quelques kilomètres
de là le fameux canyon del Sumidero, s'enfonce entre
ses parois d'une hauteur de 1000 m.
A trois heures de route de San Cristobal de las Casas, près
de la frontière guatémaltèque, s'étendent
les lacs Montebello.
A quatre heures de route les cascades Agua Azul passent pour
être les plus impressionnantes du Mexique.
On pourra aussi visiter les sites archéologiques Mayas
de Palenque
et Bonampak ainsi que l'extraordinaire jungle des Lancandons.
Remarques sur les évenements
recents
Aux premières heures de l'année 1994, la ville
de San Cristóbal de las Casas a fait la une des rédactions
lorsqu'une petite bande de guérilleros en a pris durant
une trentaine d'heures le contrôle par les armes. l'Armée
zapatiste de libération nationale (EZLN) a depuis délaissé
l'action militaire pour lui substituer une campagne de propagande
beaucoup plus efficace. Peu à peu, la vie a repris
son cours normal à San Cristóbal, ville tranquille
et agréable.