Localisée
à 205 km au nord d'Acapulco, la ville de Taxco
est connue des Mexicains pour son impressionnante église
Santa Prisca, véritable chef-d'oeuvre de l'art baroque,
ainsi que pour ses très nombreuses boutiques d'argenterie,
témoin du riche passé de l'industrie minière.
Flâner
à travers ses petites ruelles bordées de jolies
maisons aux toits recouverts de tuiles de style méditerranéen
est un véritable plaisir pour les yeux. De plus, vous
pourrez bénéficier de jolis points de vue sur
les montagnes environnantes, dont celle nommée «Atachi»,
qui, avec ses 2 220 m d'altitude, semble surveiller au loin
la trépidation des touristes. Pour certaines personnes,
l'exploration des lieux peut toutefois s'avérer périlleuse,
tant les rues pavées sont abruptes. Taxco est en effet
littéralement accrochée au flanc du mont Atachi,
mot amérindien signifiant le «Seigneur des eaux»,
allusion à l'énorme quantité d'eau de
pluie qui dévale de la montagne lors de la saison des
pluies.
De toutes les
demeures coloniales de Taxco, la Casa Humboldt est peut-être
celle qui conserve le plus grand charme. Sa façade
vaut à elle seule le déplacement pour les élégants
motifs d'inspiration mudéjar qu'elle comporte. Son
nom lui vient du baron Alexander von Humboldt (1769-1859),
un naturaliste allemand qui, grâce à ses observations
de voyageur, contribua grandement à une meilleure connaissance
du climat, des océans et de la géologie; il
y logea lors de son périple entre México et
Acapulco. Restaurée en 1991, elle abrite aujourd'hui
le Museo de Arte Sacro Virreinal, consacré à
l'art religieux. Même si vous n'êtes pas passionné
par cette forme d'art, ne manquez pas la visite de cette demeure,
car elle est un admirable exemple d'habitation coloniale,
et l'excellent travail de restauration mérite le coup
d'oeil. Au rez-de-chaussée, ne manquez surtout pas
d'aller observer le tímulos funerarios. Il s'agit d'une
curieuse stèle funéraire en bois de plusieurs
étages, chacun d'eux étant décoré
de peintures, de sculptures ou d'ornementation florale. En
raison de leur coût important, ces stèles étaient
surtout édifiées pour des membres de la noblesse
ou des personnalités importantes. Dans certains cas,
le cercueil du défunt était placé à
l'intérieur, au centre de la stèle. Celle qui
est exposée ici fut retrouvée miraculeusement
en 1988 dans les sous-sols de la Santa Prisca à l'occasion
de la restauration de l'édifice. Une salle est également
consacrée au baron von Humboldt, et la plupart des
panneaux descriptifs du musée sont rédigés
en espagnol et en anglais.
Faisant suite
à la Plazuela San Juan, la Plaza Borda, familièrement
appelée «El Zócalo», constitue le
coeur même de la ville. Agrémentée en
son centre d'un petit jardin, elle comporte des bancs afin
de vous permettre d'observer le va-et-vient des badauds. Cependant,
ce qui procure réellement toute la majesté à
cette place, c'est la somptueuse façade de la Santa
Prisca, qui s'élève du côté ouest.
Véritable chef-d'oeuvre de l'art baroque, la cathédrale
fut édifiée entre 1750 et 1758 à l'initiative
d'un riche propriétaire de mines d'argent, Don José
de la Borda.