Groupe
phare du début des années 90, issu de la scène
rock alternative française, la Mano Negra emmenée
par le charismatique Manu Chao reste
le symbole d'une certaine génération.
Manu Chao, profil de titi parisien mais fils d'Espagnols, s'intéresse
très tôt à la scène. Dans un premier
temps, il rassemble autour de lui son frère Tonio Chao
(trompette) et son cousin Santi Caseriego (batterie). Débauchés
d'autres groupes de la scène alternative, Daniel Jamet
(guitare), Jo Dahan (basse), Philippe "Garbancito"
(percussions) et Thomas Darnal (claviers) viennent grossir les
rangs de ce qui va bientôt être le phénomène
rock de la décennie. Nous sommes en 87.
Intégrants de nombreuses influences, les musiciens de
la Mano concoctent un son particulier, cocktail de rock, salsa,
raï, reggae et rap auquel ils donnent un nom : "Patchanka".
Manu Chao, qui écrit les textes, en donne une définition
personnelle : "De la musette avec des paroles apaches et
l'esprit chorizo". Le groupe commence à tourner
à travers la France dès octobre et se forge une
solide réputation.
En
une année, avec le bouche à oreille et le succès
inattendu du titre "Mala vida", la Mano conquiert
un véritable public.
Puta's fever, le second album sort quelques mois plus tard,
et se vend très bien en France (400.000 exemplaires)
mais aussi hors des frontières hexagonales (300.000).
Le groupe a mûri et trouvé ses marques en même
temps qu'il a pris conscience de la spirale ascendante qui le
propulse vers les sommets de la gloire.
"King
of bongo" propose un son durci, plus violent qu'à
l'accoutumé et plein de rage. Pour la sortie de cet album,
la Mano refuse de faire la promotion. Pourtant, quelques 200.000
exemplaires de "King of bongo" seront vendus en France
et 140.000 à l'étranger. En décembre 92,
la Mano sort son premier live (enregistré en une seule
prise au Japon) intitulé "In the hell of patchinko".
Décidés à reprendre le chemin de l' Amérique
latine, les membres de la Mano Negra se lancent dans une expérience
particulière et inoubliable : au printemps 92, ils s'embarquent
avec la troupe de théâtre Royal de Luxe à
bord de Cargo 92, pendant cinq mois, ponctuées de concerts,
sont enrichissantes mais souvent difficiles.La Mano Negra s'engage
dans une nouvelle aventure latino-américaine à l'automne
de l'année suivante jusqu'en janvier 94. "Casa Babylon",
quatrième album studio sort en avril 94. Visiblement très
marqués par le voyage colombien.
En
pleine déliquescence avec le départ de quelques
éléments du groupe, la Mano Negra se sépare
en 94 sans qu'il y ait d'annonce officielle, chacun partant
vers des horizons différents. Il est difficile de rendre
compte de l'impact de la Mano Negra à travers le monde
francophone mais surtout hispanophone, tant les expériences
du public vécues avec ce groupe furent exceptionnelles
et extra-ordinaires.
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RFI musique
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