Le Cha-cha-chá
est une danse et un genre musical inventé en 1954 par
le violoniste cubain Enrique Jorrin, de la charanga Orquesta
America, dans la première partie du morceau Engañadora
(l'autre partie est un rythme de mambo), mais le mot «
cha-cha-chá » n'apparaît que dans le morceau
Silver Star, et provient du son produit par le frottement
des pieds des danseurs sur le sol.
Enrique
Jorrín, remarquant les difficultés des danseurs
avec modèle du danzón-mambo (les pas ne sont
pas marqués sur le temps, mais sur la syncope), préfère
rechercher une forme simplifiée, et compose alors des
mélodies avec, si possible, aucune syncope. Ainsi,
les danseurs peuvent se baser sur la mélodie. Les arrangements
de l'orchestre, quant à eux, sont toujours rythmés
par des syncopes.Ce mélange - la mélodie sur
le temps, et l'accompagnement sur le contretemps - est une
caracteristique de ce nouveau genre, le cha-cha-chá.
Après
la Engañadora, d'autres succès ont suivi : Antonio
Sanchez (Yo sabía) ; Félix Reina (Angoa) ; Rosendo
Ruiz (Rico vacilón, Los Marcianos) ; Rosendo Rosell
(Calculadora) ; Richard Egües (El Bodeguero) ; Rafael
Lay (Cero codazos). En 1961, Los Machucambos (France), ont
connu le succès avec le cha-cha-cha Pepito (mi corazon),
repris par Bourvil.Le Cha-cha-chá était appelé
également à son origine triple mambo. D'ailleurs,
il succède à la mode du Mambo, mais devra affronter
la concurrence du rock'n'roll puis de la pachanga en 1960.