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L'actualité du Nicaragua en 1995

Cinq ans après son élection à la présidence, en février 1990, Violeta Chamorro continuait d'éprouver de réelles difficultés pour stabiliser la vie politique nicaraguayenne. On a pu vérifier, à la faveur de la révision constitutionnelle de 1995, que rien n'est jamais simple dans ce pays dont les blessures de la guerre civile sont loin d'être partout cicatrisées.
Le différend entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, larvé depuis 1994, a éclaté au grand jour avec la réforme de la Constitution. Alors que la présidente souhaitait pour sa part un simple «toilettage» des institutions afin de liquider l'héritage de la période sandiniste (1979-1990), le Parlement s'est mis en tête de son côté, de procéder à une vaste réforme. En témoigne le vote du 7 février 1995 qui a vu les députés approuver une révision portant sur 65 des 202 articles de la Constitution de 1987. Parmi les points importants on a pu relever l'instauration d'un second tour lors de l'élection présidentielle, une réduction du mandat de six à cinq ans et l'interdiction pour un président de se présenter pour un second mandat, mais aussi un rééquilibrage des pouvoirs au profit du législatif, le contrôle civil des forces armées et l'abrogation du service militaire obligatoire. Enfin, l'interdiction faite aux membres de la famille d'un président de se présenter aux élections a suscité la colère de V. Chamorro, qui l'a bien sûr interprétée comme une manœuvre contre son gendre, Antonio Lacayo, son successeur virtuel lors de l'échéance présidentielle de 1996. En dépit des pressions de la présidence, le Parlement a toutefois choisi de publier, le 24 février, la nouvelle Constitution au Journal officiel. Une décision qui vaut au Nicaragua de disposer de deux constitutions, l'armée s'engageant de son côté à faire respecter celle de 1987, seule reconnue par la présidente.
Sur le plan économique, le gouvernement a pu se prévaloir d'une reprise de la croissance (2,5 % en 1994, contre – 0,5 % en 1993) et d'une relative maîtrise de l'inflation (7,2 %, contre 35 % en 1993). Mais cette croissance demeure d'une ampleur moindre que celle de la population, induisant une pauvreté accrue des ménages. En 1995, le Nicaragua restait, avec le Honduras, le pays le plus déshérité d'Amérique centrale.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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