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L'actualité
du Nicaragua en 1996
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Les
élections générales du 20 octobre 1996
ont largement dominé l'année politique. Cela pour
deux raisons. D'une part, le mode de scrutin avait été
réformé en décembre 1995 (afin que
le processus ne souffre aucune contestation, un second tour
était prévu au cas où aucun candidat n'obtiendrait
45 % des voix), de l'autre, parce que ce scrutin marquait
le retour sur la scène politique du chef sandiniste Daniel
Ortega.
Le
début de la campagne aura été marqué
par la violence et par un climat d'insécurité,
une série d'attentats mystérieux ayant pris pour
cibles les églises, tandis que le candidat du Parti libéral
constitutionnaliste (PLC, conservateur), Arnoldo Aleman, favori
des sondages, avait failli perdre la vie au cours d'une agression.
Il aura fallu trois semaines pour que le Conseil suprême
électoral du Nicaragua confirme la victoire de Arnoldo
Aleman, qui, avec 51,02 % des voix, a donc réussi
à devancer son adversaire sandiniste (37,75 %).
Un résultat qui a immédiatement été
contesté par Daniel Ortega, qui dirigea le Nicaragua
entre 1979 et 1990, après le renversement de
la dictature de la famille Somoza. La plupart des observateurs
internationaux, en particulier ceux de l'Organisation des États
américains (OEA), ont estimé que les nombreux
problèmes administratifs survenus au cours du processus
électoral ne pouvaient aucunement remettre en question
la qualité «démocratique» du scrutin.
Malgré l'échec de Daniel Ortega, le Front sandiniste
de libération nationale (FSLN) reste la principale formation
politique du Nicaragua, obtenant à lui seul 37 sièges
sur 93 à l'Assemblée nationale, tandis que la
coalition de Arnoldo Aleman, l'Alliance libérale, en
a obtenu 42. Grâce à l'appui de cinq autres députés
conservateurs, le président nouvellement élu disposait
donc de la majorité absolue au Parlement. Immédiatement
après l'annonce officielle de sa victoire, Arnoldo Aleman
a proposé à ses adversaires un pacte national
pour favoriser la réconciliation et prendre les mesures
nécessaires pour que le Nicaragua ne soit plus le pays
le plus pauvre d'Amérique latine après Haïti.
Le ton relativement modéré adopté par Daniel
Ortega constitue peut-être le premier signe de changement
d'attitude de la part du FSLN.
©
Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002