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L'actualité du Nicaragua en 1999

«En trois jours, nous avons perdu ce que nous avions construit en trente ans.» D'une formule tragique, le président Carlos Flores aura ainsi résumé l'effroyable situation dans laquelle se trouvait le Honduras un an après le passage du cyclone Mitch. Il est vrai que l'ampleur du désastre a de quoi frapper les imaginations. Tous les observateurs se sont en effet accordés pour parler du caractère exceptionnellement violent du cyclone, dans une région pourtant fertile en catastrophes naturelles. On estime que l'ouragan a fait plus de 1 million de sans-abri. Sur le plan économique, les conséquences du cyclone se sont révélées rapidement épouvantables. La production bananière, qui, en temps habituel, représente la deuxième source de devises du pays après le café, a été particulièrement touchée puisque les paysans n'ont réussi à sauver que 10 % des cultures. Un an après le passage du cyclone, la production de bananes n'avait pas repris. Les plantations de café ont été moins touchées, mais plus de la moitié de la récolte a dû être abandonnée sur place en raison de l'état des moyens de transport, le cyclone ayant détruit une large part des infrastructures de communication du Honduras : 250 ponts et des dizaines de kilomètres de routes ont été emportés. Quant aux autres principaux produits d'exportation (melons et crevettes), ils cumulaient des pertes évaluées à plus de 150 millions de dollars. Le bilan était tout aussi dramatique en ce qui concerne les productions vivrières (maïs, haricots noirs, riz et sorgho), puisqu'on estimait qu'elles avaient été détruites à plus de 60 %. Si l'industrie de la sous-traitance a été relativement épargnée, la reprise de ses exportations dépendait de la reconstruction des infrastructures de communication. Rappelons que l'industrie de la sous-traitance est, depuis quelques années, en pleine expansion ; elle emploie quelque 100.000 personnes, essentiellement dans des usines d'assemblage.
Toutes les prévisions des autorités en matière de politique économique et financière ont dû être revues et corrigées en tenant compte de la catastrophe. Ainsi, en prenant ses fonctions en janvier 1998, le président Carlos Flores avait promis de donner un caractère «plus humain» au plan d'ajustement du Fonds monétaire international auquel est soumis le Honduras depuis les années 1990. Un an plus tard, les données avaient changé et les bonnes intentions du chef de l'État se trouvaient réduites à néant. Catastrophique pour l'économie, le cyclone Mitch a suscité un vaste mouvement de solidarité nationale à travers tout le pays, mettant ponctuellement un terme aux querelles qui ont accompagné les premiers pas du gouvernement du président Flores, notamment en ce qui concerne les choix économiques. Ce dernier avait dû essuyer de sévères critiques après avoir proposé une augmentation de la TVA (elle est passée de 7 à 12 %) afin de combler un tant soit peu le déficit fiscal. Des critiques avaient aussi accueilli l'annonce d'une réduction des impôts en faveur des sociétés. En revanche, le Fonds monétaire international a salué cette diminution de la pression fiscale sur les entreprises, estimant qu'elle était conforme au plan d'ajustement structurel. Ces mesures ont également été bien accueillies par les investisseurs étrangers. Parmi ces derniers, on signalera la présence de la France : Elf-Antargaz s'est engagé dans la distribution de gaz liquide, tandis que Lafarge est entré dans le capital de la cimenterie Incehsa à hauteur de 43,4 %.
Par contre, sur le plan extérieur, la recherche d'un règlement du différend qui oppose le Honduras au Nicaragua et au Salvador au sujet de la délimitation de leurs eaux territoriales dans le golfe de Fonseca n'avait pas progressé d'un pouce.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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