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L'actualité du Nicaragua en 2000

Durement touché par le cyclone Mitch en 1998, le Honduras a continué à panser ses plaies tout en évitant de basculer dans le marasme. Ainsi, la reconstruction, appuyée par l'ajustement structurel, et l'aide des grandes puissances et des institutions financières internationales ont permis une réelle reprise économique. À l'aube du troisième millénaire, l'économie hondurienne entendait bien entrer dans «l'après-Mitch».
Le Honduras essaie, depuis le début des années 1990, d'en finir avec l'image de «république bananière» qui, à l'instar des autres pays d'Amérique centrale, lui colle à la peau : les gouvernements successifs n'ont en effet pas ménagé leur peine pour que le pays évoque autre chose que des coups d'État à répétition, une instabilité politique chronique et une corruption endémique. De même, tous les derniers gouvernements ont tenté de sortir l'économie de sa trop grande dépendance à l'égard des traditionnels produits d'exportation, comme la banane, le sucre et le café. Ces produits, dont une bonne partie est d'ailleurs cultivée par de grandes entreprises américaines, représentent souvent 25 % à 30 % des ventes à l'étranger. Là encore, ce sont les États-Unis qui en sont le principal destinataire — jusqu'à 40 % du total —, de même qu'ils sont le principal fournisseur de la région. Dès lors que la démocratie a fait partie de la culture politique du Honduras, celui-ci a pu envisager de réorienter sa politique économique. C'est pourquoi le pays a fait sien le «consensus de Washington» en ouvrant ses frontières aux importations et aux investissements étrangers, en mettant en œuvre un programme ambitieux de privatisations, y compris pour les services. Parallèlement, les autorités honduriennes ont conduit une politique budgétaire de limitation des déficits. Mais, alors que le Honduras commençait — certes de manière bien ténue — à toucher les premiers fruits de son aggiornamento économique, le cyclone Mitch, qui a ravagé la région à l'automne 1998, a ruiné une part importante des efforts entrepris par les autorités. Rappelons que, en prenant ses fonctions en janvier 1998, le président Carlos Flores avait promis de donner un caractère «plus humain» au plan d'ajustement du Fonds monétaire international auquel est soumis le pays depuis le début des années 1990. Hélas, le Honduras aura été, avec le Nicaragua, le pays le plus durement affecté par le cyclone. La baisse des prix et la destruction de nombreuses plantations se sont soldées par une chute des exportations traditionnelles. Et les dépenses consécutives à la catastrophe naturelle ont entraîné un accroissement du déficit public. À l'inverse, les importations ont connu un essor spectaculaire dû à la baisse des tarifs douaniers. Toutefois, la solidarité internationale a permis au gouvernement de Carlos Flores de soutenir la croissance et donc d'éviter que le Honduras ne bascule dans la récession. L'aide extérieure des grandes puissances et des institutions financières internationales (4 milliards de dollars d'ici à la fin de 2002) devrait en effet soutenir la croissance. De plus, le Honduras s'apprêtait, en tant que pays inclus dans le groupe des pays hautement endettés, à bénéficier d'une réduction importante de sa dette extérieure (750 millions de dollars, dont un report de paiement de 400 millions accordé par le Club de Paris). Si des signes d'améliorations sont incontestablement apparus, la situation sociale restait très tendue : le cyclone est responsable de la perte de 18.000 emplois et 20.000 personnes n'ont pas trouvé de logement. Pire, le paludisme et les fièvres hémorragiques ont refait une apparition à grande échelle.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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