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L'actualité du Panama en 1995

De retour au pouvoir, le Parti révolutionnaire démocratique paraît tenir d'une main ferme les rênes du pouvoir. Soutenu par Washington, bénéficiant des largesses de la Banque interaméricaine de développement, le régime du président Balladares dispose d'une bonne marge de manœuvre.

Un an après l'élection à la présidence de la République d'Ernesto Pérez Balladares, le paysage politique au Panamá est apparu profondément modifié. Ainsi, les partis qui avaient combattu la dictature du général Noriega se sont effacés au profit des formations traditionnelles. Héritières des grands caudillos, celles-ci ont rapidement occupé le devant de la scène. On rappellera que E.Pérez Balladares est un ancien dirigeant du Parti révolutionnaire démocratique, lequel n'avait pas ménagé son soutien à Manuel Antonio Noriega jusqu'à sa destitution en 1989. L'inclination du chef de l'État pour les «hommes forts» l'a d'ailleurs conduit à donner asile au dictateur haïtien Raoul Cédras. Des hommes à poigne, le président panaméen aura retenu quelques réflexes, comme celui des complots imaginaires qui légitiment un tour de vis supplémentaire. Ainsi, le 11 janvier 1995, alors que les accusations de corruption et de népotisme allaient bon train, le ministre de l'Intérieur et de la Justice a pu annoncer, – opportunément –, la découverte d'un complot ourdi contre le régime, au cours duquel le président devait être assassiné, le 13 janvier, pour faire place à un régime militaire. L'arrestation d'une cinquantaine de personnes n'a pas suffi à convaincre de l'authenticité de ce complot.

Plus convaincantes auront paru les déclarations du chef de l'État – qui est également Premier ministre – quant à sa volonté de s'acquitter de la dette sociale, en combattant la misère. Il est vrai que la soudaine générosité de la Banque interaméricaine de développement, qui a octroyé un crédit de 1,5 milliard de dollars pour cinq ans (1995-1999), devrait permettre au gouvernement de mener à bien sa politique en faveur d'une meilleure distribution du revenu national, considéré comme un des plus inégalitaires du continent. La croissance remarquable en volume du PNB – à la formation duquel les services participent à hauteur de 80 % – autorise sur ce plan quelque espoir.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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