A
trois ans du retour à l'État panaméen
de l'administration et des installations militaires de la
zone du canal les inquiétudes allaient bon train.
Il est vrai que les enjeux économiques sont importants
pour ce petit pays qui vit de l'industrie des services,
notamment ceux liés au canal, du Centre bancaire
international et de la zone franche de Colón.
Une
étude a révélé que la fermeture
des bases militaires nord-américaines se traduirait
par la perte de 180 millions de dollars. C'est pour
compenser ce manque à gagner probable que le gouvernement
d'Ernesto Pérez Balladares a entrepris de lancer
une campagne destinée à attirer les investisseurs,
notamment ceux de l'Asie. Taiwan s'est montrée intéressée
en s'engageant à favoriser l'installation d'industriels
susceptibles de créer plusieurs milliers d'emplois.
Les Panaméens, qui, semble-t-il, ne tiennent pas
rigueur aux États-Unis d'être intervenus pour
capturer le dictateur Manuel Noriega, étaient majoritairement
favorables à une prolongation de la présence
nord-américaine dans le pays.
Il
faut dire que, du point de vue des quelque 3.500 Panaméens
travaillant dans la zone du canal, le retrait des États-Unis
annonce des jours d'autant plus sombres que leurs salaires
sont le triple de la moyenne nationale. L'aggravation du
chômage, qui touchait entre 15 et 20 % de la
population active, s'est traduite par une forte agitation
sociale, bien que la croissance ait été encore
positive cette année. Concernant la dette bancaire,
le gouvernement a obtenu en mars un accord de restructuration
avec les établissements créanciers qui devrait
réduire de 31 % le montant de la dette. La restructuration
porte sur un montant de 3,5 milliards de dollars de crédits
bancaires, dont 1,5 milliard d'arriérés de
paiement d'intérêts. La dette totale du Panamá
est évaluée à 6 milliards de dollars.
Les quatre cinquièmes des banques ont choisi de convertir
leurs anciens titres de dettes en nouveaux titres à
taux réduits sur dix-huit ans, alors que les autres
formules étalaient les versements sur trente ans:
cela imposera à Panamá des paiements plus
élevés sur les prochaines années, mais
ces obligations pourront être supportées par
le pays, compte tenu des perspectives économiques.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002