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L'actualité du Panama en 1996

A trois ans du retour à l'Etat panaméen de l'administration et des installations militaires de la zone du canal les inquiétudes allaient bon train. Il est vrai que les enjeux économiques sont importants pour ce petit pays qui vit de l'industrie des services, notamment ceux liés au canal, du Centre bancaire international et de la zone franche de Colón.

Une étude a révélé que la fermeture des bases militaires nord-américaines se traduirait par la perte de 180 millions de dollars. C'est pour compenser ce manque à gagner probable que le gouvernement d'Ernesto Pérez Balladares a entrepris de lancer une campagne destinée à attirer les investisseurs, notamment ceux de l'Asie. Taiwan s'est montrée intéressée en s'engageant à favoriser l'installation d'industriels susceptibles de créer plusieurs milliers d'emplois. Les Panaméens, qui, semble-t-il, ne tiennent pas rigueur aux États-Unis d'être intervenus pour capturer le dictateur Manuel Noriega, étaient majoritairement favorables à une prolongation de la présence nord-américaine dans le pays.

Il faut dire que, du point de vue des quelque 3.500 Panaméens travaillant dans la zone du canal, le retrait des États-Unis annonce des jours d'autant plus sombres que leurs salaires sont le triple de la moyenne nationale. L'aggravation du chômage, qui touchait entre 15 et 20 % de la population active, s'est traduite par une forte agitation sociale, bien que la croissance ait été encore positive cette année. Concernant la dette bancaire, le gouvernement a obtenu en mars un accord de restructuration avec les établissements créanciers qui devrait réduire de 31 % le montant de la dette. La restructuration porte sur un montant de 3,5 milliards de dollars de crédits bancaires, dont 1,5 milliard d'arriérés de paiement d'intérêts. La dette totale du Panamá est évaluée à 6 milliards de dollars. Les quatre cinquièmes des banques ont choisi de convertir leurs anciens titres de dettes en nouveaux titres à taux réduits sur dix-huit ans, alors que les autres formules étalaient les versements sur trente ans: cela imposera à Panamá des paiements plus élevés sur les prochaines années, mais ces obligations pourront être supportées par le pays, compte tenu des perspectives économiques.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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