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L'actualité du Panama en 1997

A mi-chemin de la fin de son mandat, le président Ernesto Perez Balladares s'est efforcé de présenter un bilan positif de son action. Exercice non dénué de difficultés, car, à l'exception de la croissance économique, la République de Panamá serait plutôt entrée dans une phase d'incertitudes, dont les questions sur l'avenir de la zone du canal ont montré toute l'ampleur.

En 1977, le général Omar Torrijos obtenait du président américain Jimmy Carter la signature d'un traité accordant au Panamá la souveraineté sur l'ensemble de son territoire, une répartition des bénéfices plus équitable et la cogestion du canal par les deux pays. Washington conservait cependant le droit d'intervenir en cas de nécessité. Depuis, nul ne sait ce qui se passera en l'an 2000, date fixée pour la neutralisation définitive du canal et pour le retrait des troupes américaines. Cette incertitude a semblé s'accentuer à trois ans de l'échéance prévue par les accords Torrijos-Carter.

Ainsi, les autorités ont paru découvrir les implications économiques du départ des troupes américaines. Il est vrai que les bases militaires nord-américaines génèrent quelque 5.000 emplois, tout en rapportant à l'État panaméen environ 300 millions de dollars chaque année. Mais, parallèlement, la présence des troupes étrangères alimente un fort courant de xénophobie. Dans ces conditions, le président Ernesto Perez Balladares, pressé par le nationalisme des uns et le pragmatisme économique des autres, a opté pour une politique médiane: essayer de maintenir une présence militaire minimale en échange de compensations financières. Déjà, en 1996, le chef de l'État avait négocié un accord en ce sens avec Washington selon lequel les États-Unis pourraient conserver trois bases militaires.

Si l'avenir de la zone du canal a paru pour le moins incertain, celui du président ne semblait guère dégagé. E. Perez Balladares a envisagé de présenter une réforme électorale qui lui permettrait de se présenter pour un second mandat. Visiblement inspiré en la matière par les présidents Alberto Fujimori (Pérou) et Carlos Menem (Argentine), le chef de l'État panaméen ne paraissait guère avoir de chance de mener à bien cette réforme.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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