A
mi-chemin de la fin de son mandat, le président Ernesto
Perez Balladares s'est efforcé de présenter
un bilan positif de son action. Exercice non dénué
de difficultés, car, à l'exception de la croissance
économique, la République de Panamá
serait plutôt entrée dans une phase d'incertitudes,
dont les questions sur l'avenir de la zone du canal ont
montré toute l'ampleur.
En 1977,
le général Omar Torrijos obtenait du président
américain Jimmy Carter la signature d'un traité
accordant au Panamá la souveraineté sur l'ensemble
de son territoire, une répartition des bénéfices
plus équitable et la cogestion du canal par les deux
pays. Washington conservait cependant le droit d'intervenir
en cas de nécessité. Depuis, nul ne sait ce
qui se passera en l'an 2000, date fixée pour
la neutralisation définitive du canal et pour le
retrait des troupes américaines. Cette incertitude
a semblé s'accentuer à trois ans de l'échéance
prévue par les accords Torrijos-Carter.
Ainsi,
les autorités ont paru découvrir les implications
économiques du départ des troupes américaines.
Il est vrai que les bases militaires nord-américaines
génèrent quelque 5.000 emplois, tout en rapportant
à l'État panaméen environ 300 millions
de dollars chaque année. Mais, parallèlement,
la présence des troupes étrangères
alimente un fort courant de xénophobie. Dans ces
conditions, le président Ernesto Perez Balladares,
pressé par le nationalisme des uns et le pragmatisme
économique des autres, a opté pour une politique
médiane: essayer de maintenir une présence
militaire minimale en échange de compensations financières.
Déjà, en 1996, le chef de l'État
avait négocié un accord en ce sens avec Washington
selon lequel les États-Unis pourraient conserver
trois bases militaires.
Si
l'avenir de la zone du canal a paru pour le moins incertain,
celui du président ne semblait guère dégagé.
E. Perez Balladares a envisagé de présenter
une réforme électorale qui lui permettrait
de se présenter pour un second mandat. Visiblement
inspiré en la matière par les présidents
Alberto Fujimori (Pérou) et Carlos Menem (Argentine),
le chef de l'État panaméen ne paraissait guère
avoir de chance de mener à bien cette réforme.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002