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L'actualité du Panama en 1998

Le temps de l'intervention militaire américaine qui, en 1989, avait chassé le général Noriega est bien loin. Neuf ans plus tard, le pays vit un processus de consolidation démocratique qui rend plus crédible son ambition de devenir le «Singapour de l'Amérique latine», une expression désormais en vogue sur les rives du canal.

Depuis que plusieurs présidents – Carlos Menem en Argentine, Fernando Cardoso au Brésil, Leonel Fernandez en République dominicaine, Alberto Fujimori au Pérou – ont fait part de leur désir de supprimer les articles constitutionnels interdisant que le chef de l'État se présente plus de deux fois à l'élection présidentielle, la controverse agite l'Amérique latine. Le Panamá n'a pas été de reste puisque le président Ernesto Perez Balladares a choisi de soumettre la question à référendum afin de briguer un troisième mandat. Mais, comme les sondages l'indiquaient, la population a, dans sa majorité, refusé que l'on modifie la Constitution au seul profit d'un intérêt politique bien compris.

Pour le reste, le pays a vécu la dernière année de la présence des soldats américains sur son sol: conformément aux traités signés en 1977 par le président Jimmy Carter et l'ancien homme fort du Panamá, le général Omar Torrijos, la passation des pouvoirs aura lieu le 31 décembre 1999, à minuit. Les Panaméens, qui continueront d'utiliser le dollar américain, sont d'ores et déjà bien décidés à tirer profit de la convoitise que suscite la position stratégique de leur canal au moment où les échanges internationaux sont en pleine expansion.

Centre bancaire international et deuxième zone franche après Hongkong, le Panamá ne manque en effet pas d'attraits – le pays dispose du seul port au monde qui s'ouvre sur deux océans. Et nombreux sont les utilisateurs du canal qui entendent participer à tous les appels d'offres lancés par le Panamá pour la modernisation de son infrastructure – des sociétés chinoises, taiwanaises, mexicaines, américaines, sud-coréennes, pour ne citer que les plus importantes, sont à pied d'œuvre – et la privatisation de ses services publics – déjà, le groupe de télécommunications britannique Cable and Wireless a racheté 49 % de Intel, l'ancien monopole public du téléphone.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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