Le
temps de l'intervention militaire américaine qui,
en 1989, avait chassé le général
Noriega est bien loin. Neuf ans plus tard, le pays vit un
processus de consolidation démocratique qui rend
plus crédible son ambition de devenir le «Singapour
de l'Amérique latine», une expression désormais
en vogue sur les rives du canal.
Depuis
que plusieurs présidents Carlos Menem en Argentine,
Fernando Cardoso au Brésil, Leonel Fernandez en République
dominicaine, Alberto Fujimori au Pérou ont
fait part de leur désir de supprimer les articles
constitutionnels interdisant que le chef de l'État
se présente plus de deux fois à l'élection
présidentielle, la controverse agite l'Amérique
latine. Le Panamá n'a pas été de reste
puisque le président Ernesto Perez Balladares a choisi
de soumettre la question à référendum
afin de briguer un troisième mandat. Mais, comme
les sondages l'indiquaient, la population a, dans sa majorité,
refusé que l'on modifie la Constitution au seul profit
d'un intérêt politique bien compris.
Pour
le reste, le pays a vécu la dernière année
de la présence des soldats américains sur
son sol: conformément aux traités signés
en 1977 par le président Jimmy Carter et l'ancien
homme fort du Panamá, le général Omar
Torrijos, la passation des pouvoirs aura lieu le 31 décembre 1999,
à minuit. Les Panaméens, qui continueront
d'utiliser le dollar américain, sont d'ores et déjà
bien décidés à tirer profit de la convoitise
que suscite la position stratégique de leur canal
au moment où les échanges internationaux sont
en pleine expansion.
Centre
bancaire international et deuxième zone franche après
Hongkong, le Panamá ne manque en effet pas d'attraits
le pays dispose du seul port au monde qui s'ouvre
sur deux océans. Et nombreux sont les utilisateurs
du canal qui entendent participer à tous les appels
d'offres lancés par le Panamá pour la modernisation
de son infrastructure des sociétés
chinoises, taiwanaises, mexicaines, américaines,
sud-coréennes, pour ne citer que les plus importantes,
sont à pied d'uvre et la privatisation
de ses services publics déjà, le groupe
de télécommunications britannique Cable and
Wireless a racheté 49 % de Intel, l'ancien monopole
public du téléphone.
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