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L'actualité du Panama en 1999

1999 restera dans l'histoire du pays comme l'année où le Panamá a retrouvé sa souveraineté sur le canal interocéanique. Conformément aux accords Torrijos-Carter, signés en 1977, les États-Unis ont poursuivi tout au long de l'année le démantèlement, achevé le 31 décembre, de leurs bases militaires. Parallèlement, la zone du canal a retenti du bruit des gigantesques travaux d'aménagement en cours destinés à faire du Panamá «le Singapour de l'Amérique latine». Une perspective qui a séduit de nombreux investisseurs asiatiques. Contrairement à son souhait, Ernesto Perez Balladares n'a pas présidé aux destinées de ce «nouveau» Panamá. En effet, conformément à la Constitution, le successeur du général Noriega, dont le mandat expirait en 1999, n'a pas pu se représenter. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, puisque la question de sa nouvelle candidature avait été soumise à référendum en août 1998. Mais, en prononçant massivement leur opposition à ce scénario, les Panaméens ont sonné le glas des ambitions du président sortant. Et c'est à Martin Torrijos, le fils de l'ancien dictateur Omar Torrijos, qu'est revenu le soin de porter les couleurs de la formation au pouvoir, le Parti révolutionnaire démocratique (PRD), dans la course à l'élection présidentielle. Celle-ci aura constitué une seconde déconvenue pour le président sortant. C'est en effet Mireya Moscoso, la candidate de la coalition d'opposition, Union pour le Panamá, qui est arrivée largement en tête du scrutin qui s'est déroulé le 2 mai 1999. Les électeurs, qui s'étaient mobilisés massivement — la participation a approché 75 % —, ont en effet préféré porter leurs voix (45 %) sur la veuve du caudillo populiste Arnulfo Arias — trois fois président — plutôt que sur le fils de celui qui prit le pouvoir en 1968 à la faveur d'un coup d'État. Martin Torrijos n'a obtenu que 38 % des suffrages.

Mme Moscoso saisit donc les commandes du pays à un moment clé de son histoire puisque c'est sous sa présidence que vont se mettre en place les grands projets économiques autour des gigantesques installations militaires qui devront faire du Panamá «le Singapour de l'Amérique latine». Les autorités panaméennes n'ont certes pas attendu le départ du dernier soldat américain pour transformer la zone du canal en un vaste chantier. Il est vrai que les perspectives ouvertes par la restitution de la pleine souveraineté auront séduit plus d'un investisseur. Parmi les pays qui ont trouvé à investir massivement dans ces travaux d'aménagement viennent en tête la Chine et la Corée du Sud, suivies de près par les investisseurs américains, mexicains et espagnols. Ce sont également des sociétés étrangères qui ont entrepris la reconstruction des infrastructures ferroviaires et routières, ce qui devrait faciliter le transit des conteneurs entre l'Atlantique et le Pacifique, tandis que des capitaux asiatiques ont permis de financer l'installation en cours de plusieurs zones industrielles. Parmi les pays d'Asie intéressés par le développement économique du Panamá, la Chine communiste occupe une place de choix dans la mesure où elle est devenue, depuis l'annexion de Hongkong, le troisième utilisateur du canal interocéanique et le premier client de la zone franche de Colón. Les échanges entre Panamá et Pékin atteignent, en moyenne annuelle, 1,5 milliard de dollars alors que le commerce de Taiwan avec l'ensemble de l'Amérique centrale tourne autour de 200 millions de dollars.

Sur le plan économique, la crise asiatique n'a pas manqué de faire sentir ses effets sur les exportations panaméennes. Ainsi les activités de la zone franche de Colón, du canal et des ports ont souffert du tassement de la demande asiatique. En conséquence, le PIB s'est maintenu au même niveau que les deux dernières années (autour de 4 %).

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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