Une
fois de plus, le gouvernement du Paraguay a dû faire
face à une tentative de coup d'État militaire.
Certes, la majorité de l'armée est restée
fidèle au président Luis González Macchi,
mais cette tentative de putsch sur fond de profonde récession
a suscité une véritable inquiétude
chez les partenaires du Paraguay au sein du Mercosur.
Après
avoir connu une année 1999 particulièrement
agitée l'assassinat du vice-président
Luis María Argana avait provoqué une grave
crise politique , le Paraguay a de nouveau été
la proie de militaires qui n'ont pas reconnu la légitimité
du gouvernement dit d'«unité nationale»
du président Luis Angel González Macchi. Le
19 mai, l'armée paraguayenne a dû faire
échec à un soulèvement déclenché
par un groupe de militaires. Selon le ministère de
la Défense, les rebelles s'étaient emparés
du siège d'un régiment de cavalerie à
15 kilomètres d'Asunción et d'un centre
de commandement de la police. Les mutinés se sont
ensuite dirigés vers la capitale. Des coups de feu
étaient alors tirés depuis des blindés
devant le siège du Parlement. L'annonce de la tentative
de coup d'État a provoqué une réaction
immédiate de la communauté internationale.
Le président argentin Fernando de la Rua, dont le
pays est membre avec le Paraguay de l'ensemble régional
Mercosur, a appelé au respect des institutions démocratiques
au Paraguay. Quant aux États-Unis, ils ont aussitôt
condamné le soulèvement militaire.
Cette tentative de putsch est intervenue alors que le pays
s'enfonce dans la récession, illustrée par
une situation sociale particulièrement tendue, notamment
dans les campagnes, où vit près de la moitié
de la population. L'agriculture, qui représente un
quart du produit intérieur brut et plus de la moitié
des exportations, peine à se remettre du passage
du cyclone El Niño. À cela se sont ajoutées
une mauvaise récolte de coton et la baisse du cours
du soja. De plus, les deux grands marchés d'exportation
le Brésil en raison de la dévaluation
du real, et l'Argentine en récession
ont absorbé cette année un moins grand nombre
de produits qu'en 1999. La conjoncture défavorable
au sein du Mercosur le marché commun
du cône sud entre l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay
et le Paraguay a affecté les principales
branches industrielles du Paraguay : l'agroalimentaire aura
connu une année difficile, tandis que les recettes
tirées de l'exploitation commune des deux grands
complexes hydroélectriques (Itaipù, à
la frontière brésilienne, et Yaciretà,
à la frontière argentine) ont été
considérablement réduites. La baisse des exportations
s'est traduite dans les comptes publics : moins de rentrées
fiscales et un déficit qui ne cesse de gonfler (près
de 3 % du PIB). Quant à la dette extérieure,
elle a augmenté de plus de 10 % en un an. Dans
ces conditions, l'économie informelle, une des plaies
du Paraguay, est loin de cesser son expansion. Ajoutée
à une contrebande extrêmement active, elle
représente une considérable évasion
fiscale qui grève lourdement le budget de l'État.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002