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L'actualité du Paraguay en 2001

L'année écoulée aura été celle de la récession sur fond de climat social tendu, attesté par la montée de la délinquance et la persistance d'un chômage important. En dépit du manque de résultats patent du gouvernement sur le front économique, la majorité de la population continue de manifester un attachement profond à la démocratie, et cela en dépit des tentatives de déstabilisation du général Lino Oviedo.
Le général Lino Oviedo a donc de nouveau occupé le devant de l'actualité. Recherché par la justice paraguayenne, notamment pour son implication présumée dans l'assassinat du vice-président Luis Argaña en mars 1999, il est également soupçonné d'avoir été l'instigateur d'une tentative de coup d'État en mai 2000 à Asunción. On le voit, l'avènement de la démocratie rendue possible par la chute du dictateur Alfredo Stroessner en 1989 — et à laquelle il a directement contribué —n'aura en rien découragé le général putschiste. Sauf que cette fois, les autorités du Brésil, pays où il a trouvé refuge, lui ont refusé l'asile politique ouvrant ainsi la voie à son extradition vers le Paraguay. Quoi qu'il en soit, le général Oviedo bénéficie toujours d'une forte popularité auprès des couches sociales les plus défavorisées.
En attendant, les tentatives de déstabilisation du régime démocratique en place à Asunción ont produit un climat politique délétère, le président de la République, Luis González Macchi, ayant manifestement de plus en plus de difficultés à asseoir son pouvoir. De nombreuses voix se sont fait entendre pour réclamer sa démission. Il est vrai que ce dernier n'a pas été élu, mais qu'il a été appelé, en tant que président du Sénat, à remplacer le président Raul Cubas, contraint à la démission après l'assassinat de Luis Argaña.
L'instabilité politique qui s'est installée au lendemain de l'assassinat du vice-président a ouvert une période d'instabilité économique marquée par une forte récession. Les programmes de lutte contre la corruption, la contrebande ou la gigantesque évasion fiscale ont échoué. Dans ce contexte fortement déprimé, les inégalités ont semblé encore plus criantes : 67 % des richesses sont aux mains de 2 % de la population. À ces inégalités font écho de fortes disparités régionales, l'activité économique se concentrant essentiellement dans la région de la capitale, alors que le Chaco — 60 % du territoire — ne contribue qu'à hauteur de 2 % dans la formation du produit intérieur brut.
La «santé» de l'économie paraguayenne est essentiellement indexée sur les performances de ses deux voisins et partenaires au sein du Mercosur, l'Argentine et le Brésil. On sait que l'année 2001 a été très mauvaise pour le Brésil, en proie à sa propre crise économique, et littéralement calamiteuse pour l'Argentine, un pays en faillite virtuelle. Alors que tous les indicateurs viraient au rouge (chômage important, déficit budgétaire aggravé, balance commerciale obstinément déficitaire, inflation soutenue), le Fonds monétaire international a choisi de renouer le dialogue en avril avec les autorités du Paraguay. En contrepartie, celles-ci se sont engagées à mettre en oeuvre une politique budgétaire dite «d'austérité» destinée à réduire de façon significative le déficit. Mais dès l'annonce des premières mesures de hausse des prix, d'importantes manifestations de protestation ont eu lieu.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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