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L'actualité péruvienne en 2001

Au terme d'un débat électoral qui n'a jamais décollé, les Péruviens ont choisi, au second tour, de porter à la présidence Alejandro Toledo. A. Toledo, tout comme son challenger, Alain García, a préconisé le maintien des critères économiques orthodoxes, suivant en cela les conseils des organismes financiers internationaux.
En septembre 2000, sous la pression de la rue, Alberto Fujimori, qui venait d'être élu pour un troisième mandat, avait dû convoquer de nouvelles élections générales. Le répit devait être de courte durée puisque le «Chinois» quittait le Pérou, en novembre 2000, pour se réfugier au Japon. Quant à W. Montesinos, l'éminence grise du président Fujimori, il a fini par être capturé. Si l'arrestation de celui par qui le scandale est arrivé et le départ du président Fujimori ont été suivis avec le plus vif intérêt par toute la population, celle-ci n'a guère semblé se passionner pour le scrutin présidentiel.
Jouant sur ses origines indiennes et sur ses succès personnels, A. Toledo, l'«Indien», s'est efforcé de fédérer un vaste courant d'opposition au régime, qu'il a ensuite transformé en atout pour sa propre campagne présidentielle. Néanmoins, il ne sera pas parvenu à se faire élire dès le premier tour. Des révélations sur ses antécédents familiaux, l'irruption d'un enfant putatif et des soupçons à propos de sa consommation répétée de drogues ont porté atteinte à son image et à sa crédibilité. Ce qui a permis à l'ex-président A. García, qui avait quitté le pouvoir en 1990 (et même le pays, un peu plus tard), après une gestion désastreuse marquée par la corruption et le chaos économique, de se poser en challenger inattendu et dangereux.
Ainsi, pour obtenir sa victoire définitive au second tour (53 % des votes exprimés, contre 47 % pour son adversaire), A. Toledo a dû batailler ferme, tout en rappelant son rôle pour faire tomber A. Fujimori, et en agitant en même temps l'épouvantail du retour de son adversaire électoral. Mais, signe du désarroi des Péruviens, A. Toledo a également dû faire face à une forte abstention et à la campagne menée par quelques-uns de ses anciens partisans qui appelaient à voter blanc ou nul.
Malgré la trêve politique qu'il a obtenue de l'opposition, le répit du nouveau président sera de courte durée, face aux réclamations syndicales. Une tâche que ne lui facilitera pas un Parlement au sein duquel il ne dispose pas de majorité stable et sûre. La tâche s'annonce lourde aussi parce que les besoins des couches défavorisées, c?est-à-dire la majorité du pays, sont énormes. Or, les mesures et les propositions du nouveau gouvernement — création d'emplois précaires et temporaires financés par l'aide internationale, poursuite des privatisations, dont celle de l'eau, à Lima, et des concessions au capital étranger, réduction d'impôts, maintien de l'orthodoxie budgétaire et approfondissement du libéralisme commercial — produiront difficilement des résultats à la hauteur des attentes de la population. Rappelons que le Pérou compte aujourd'hui quelque 16 millions de pauvres, dont 6 millions survivent avec moins de 1 dollar par jour. On estime que 70 % des enfants en âge d'être scolarisés ont déserté l'école. Le remboursement annuel de la dette absorbe 25 à 30 % des devises venant des exportations.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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