Saint
Jean-Baptiste revêt un caractère très
symbolique très marqué dans la selva, en raison
de la prépondérance de l'eau comme élément
vital dans toute l'Amazonie.
Cette date est donc considérée comme la fête
la plus importante de tout l'Orient péruvien. Dans
la ville d'Iquitos ont lieu divers festivals et actes publics
: on y organise des fêtes animées par des groupes
de musiciens typiques et on y prépare les plats de
la région comme le tacacho (purée de bananes
rôties) ou les fameux tamales de riz appelés
juanes en l'honneur du saint. Au milieu de cette ambiance
carnavalesque de bouleversement de l'ordre et de grande
chaleur humaine le mythe populaire de la sensualité
toute spéciale de cette région de Loreto s'est
fortement développé. Il existe la croyance
très répandue que les meilleurs aphrodisiaques
sont préparés à Iquitos, à base
de macérations de toutes sortes de fruits et d'herbes
dans de l'eau de vie de canne à sucre, et que l'on
désigne par des noms étranges et subjectifs.
Le plus connu est sans aucun doute le chuchuhuasi, préparé
avec une racine de la région. Dans la sierra la fête
est également liée à la fertilité
mais élément centrale en est le bétail,
facilement associé à l'image de Saint-Jean
en tant que pasteur des âmes. Ce jour-là les
animaux sont comptés, marqués et, dans le
cas des lamas, on leur adresse même des prières.
Au Cuzco,
où les paysans emmenaient leurs moutons richement
parés pour qu'ils "écoutent " la
messe, la tradition s'est déplacée au 25,
cédant la place à l'Inti
Raymi.