Velasco
Alvarado est un militaire et homme politique péruvien
né à Piura le 16 juin 1910 et mort à
Lima le 24 décembre 1977. Il fut Président
du Pérou
entre 1968 et 1975 avec le titre de Président du
Gouvernement révolutionnaire.
Fils
de Manuel José Velasco et de Clara Luz Alvarado,
il grandit au sein dune famille modeste. Il épouse
Consuelo Gonzáles Arriola. Il intègre lArmée
péruvienne, dans linfanterie, en 1929. En raison
de son excellente discipline, il est sélectionné
pour entrer à lAcadémie militaire de
Chorrillos. En 1934, il sort parmi les meilleurs de sa promotion.
Il conservera des liens étroits avec ses camarades,
dont la plupart étudieront au Centre des Hautes Études
militaires (CAEM). En 1965, il accède au grade de
général de division.
Le gouvernement
révolutionnaire militaire (1968-1975)
Devenu commandant général de lArmée,
il est à la tête de la Junte militaire qui
renverse le président Fernando
Belaúnde Terry le 3 octobre 1968,
après sa tentative dexproprier les compagnies
pétrolières états-uniennes.
Velasco
constitue un cabinet de ministres militaires, le «
Gouvernement révolutionnaire des Forces armées.»
Il nationalise immédiatement le secteur pétrolier,
lArmée prend le contrôle des puits de
pétrole le 8 octobre. Il restreint la liberté
de la presse, lance une réforme agraire et nationalise
les secteurs clé de léconomie. Les pêcheries,
les mines, les télécommunications, lénergie,
le pétrole, sont regroupés dans des conglomérats
administrés par lÉtat (PescaPeru, MineroPeru,
PetroPeru, ElectroPeru, EntelPeru, etc.). Le taux de change
et le commerce extérieur sont étroitement
contrôlés.
La pierre
angulaire de la politique économique de ce gouvernement
est la réforme agraire visant à éliminer
les grandes haciendas. Les opposants à ce programme
crient à la confiscation, car les biens expropriés
sont payés en bons non-négociables risquant
de perdre toute valeur avec linflation.
Le régime
de Velasco, appelé le Velascato, se caractérise
aussi par un pouvoir de plus en plus autoritaire. Il ne
tolère aucune dissidence, emprisonnant, déportant
et harcelant les personnes suspectées dêtre
des opposants. Il suspend et censure les médias audio-visuels
et écrits, pour finalement tous les exproprier en
1974 et envoyer leurs propriétaires en exil.
En politique
extérieure, contrastant avec les dictatures militaires
latino-américaines contemporaines, qui sont de droite
pour la plupart, il établit un partenariat avec le
bloc soviétique, se rapproche de Cuba
et de Fidel
Castro et achète du matériel
militaire soviétique. Ceci lui vaut lhostilité
des États-Unis, qui répondent par des pressions
commerciales, économiques et diplomatiques.
En économie,
la politique du gouvernement de Velasco savère
inefficace. Les entités industrielles dirigées
par ladministration sont sources de corruption et
dincompétence et absorbent les ressources du
budget. La dette de lÉtat et la politique inflationniste
contraignent à dévaluer la monnaie.
La pêche
et lagriculture sont des échecs particulièrement
patents. PescaPeru surpêche lanchois qui sert
principalement pour la production de farine de poisson et
est un élément-clé dans lécosystème
marin péruvien. La production atteint des records
pendant les premières années mais sajoutant
aux effets du phénomène El Niño de
1972, cela conduit à une chute vertigineuse des prises
à tel point qu'il faudra plus dune décennie
pour retrouver un niveau dactivité correct.
La réforme agraire mal conduite se traduit quant
à elle par la création de milliers de fermiers
sans capitaux et pour la plupart insuffisamment formés.
La production et la distribution agricoles descendent nettement
en dessous du niveau antérieur à la réforme.
Avec les restrictions apportées au commerce, ceci
a pour conséquence des pénuries périodiques,
du rationnement, et nourrit le malaise social.
Velasco
chassé du pouvoir
Ces difficultés économiques et lopposition
politique croissante après le coup porté à
la presse en 1974 finissent par affaiblir ladministration
Velasco et conduisent à sa chute. Le 29 août
1975, un groupe de commandants militaires importants (des
1ère, 2e, 3e, 4e, et 5e régions militaires)
provoque un coup dÉtat qui sera surnommé
le Tacnazo car il a lieu dans la ville de Tacna au sud du
pays. Les commandants déclarent que Velasco a échoué
à atteindre les buts de la « Révolution
péruvienne » et est dans lincapacité
de rester à son poste.
Le général
Francisco
Morales Bermúdez Cerruti, alors président
du Conseil des ministres, relève Velasco de ses fonctions
et est nommé président, par une décision
unanime de la nouvelle junte militaire. Il prend pour prétexte
la mauvaise situation économique et la santé
fragile de Velasco, à qui on a dû amputer une
jambe en 1973 suite à une embolie et dont on dit
que les facultés cognitives sont affectées
par des problèmes circulatoires. Ce dernier se trouve
alors en convalescence à Chaclacayo, près
de Lima. Il décide de se réunir avec son conseil
des ministres mais il se rend compte quil ny
a pratiquement plus rien à faire. Il rédige
un dernier discours à la nation dans lequel il fait
part de sa décision de ne pas opposer de résistance.
Ecarté
du pouvoir, Velasco décèdera à lHôpital
militaire de Lima
en 1977.
Source
Wikipédia