RIGOBERTA
MENCHU
A
trente-trois ans, Rigoberta Menchu est devenue la plus jeune
lauréate du prix Nobel de la paix. On lui attribua ce
prix en 1992, année marquant les 500 ans de la conquête,
de l'Amérique par Christophe
Colomb.
Née en 1959 sur les hauts plateaux du Guatemala,
dans le village de Chimel, Rigoberta Menchu est une maya quiché
qui n'a pas reçu d'éducation formelle et qui n'a
appris l'espagnol qu'à l'âge de vingt ans. Mais
elle ne tarda pas à se faire une porte-parole des Indiens
opprimés de son pays. Dès 1981, elle doit s'exiler
au Mexique,
après que ses parents et un de ses frères eurent
été tués pendant la répression menée
par le gouvernement et les groupes paramilitaires.
Deux ans plus tard, elle connaîtra un succès international
avec la publication de son premier livre, intitulé Yo
Rigoberta Menchu, publié alors en 11 langues, qui raconte
son enfance difficile dans la pauvreté d'un village rural,
puis comme servante dans la capitale guatémaltèque.
Elle y dépeint toute l'horreur des tortures et les meurtres
des membres de sa famille. Un récit malheureusement toujours
d'actualité, qui sert de métaphore pour ce que
doivent subir une grande majorité d'indigènes
en Amérique centrale, et plus particulièrement
au Guatemala.
Dans les années 80, elle milita activement dans un groupe
de défense des droits humains au Mexique, et s'employa
à exercer des pressions sur son gouvernement en donnant
de nombreuses conférences aux États-Unis et en
Europe. Mais elle demeura relativement marginalisée,
au même titre que le conflit au Guatemala, qui n'attirait
pas l'attention des pays occidentaux, et ce, malgré l'horreur
évidente de ce tragique conflit dont les Mayas
furent les principales victimes.