Une
croissance soutenue, une inflation maîtrisée
et des exportations en progression: tel aurait pu être
le bilan du gouvernement en matière économique
si le cyclone Mitch, qui s'est abattu dans la région
fin octobre, n'avait mis à mal ce tableau d'ensemble
plutôt positif. En lieu et place des espoirs d'amélioration
des conditions de vie d'une population majoritairement très
pauvre, on ne gardera que l'image des champs de canne à
sucre et de café ensevelis sous les eaux. Et celle
d'une population désespérée.
Le
cyclone qui s'est abattu sur le Honduras et le Nicaragua
à la fin du mois d'octobre n'a pas épargné
le Salvador, même si la catastrophe y a eu une ampleur
moindre. Toutefois, l'ouragan est arrivé à
la plus mauvaise époque, celle où les fèves
de café sont formées mais n'ont pas encore
été récoltées. Il faudra des
années au Salvador et, a fortiori, aux autres pays
touchés par le cyclone Mitch pour reconstituer les
plantations et retrouver le niveau des récoltes actuel.
Un rétablissement qui prendra nécessairement
beaucoup de temps dans la mesure où la production
de café dans la région est essentiellement
réalisée par des milliers de petits planteurs
qui fournissent chacun quelques dizaines de sacs seulement.
Face
à l'ampleur de la catastrophe, la communauté
internationale s'est rapidement mobilisée pour porter
secours au Salvador. Ainsi, l'Union européenne a
débloqué des fonds importants. Pour sa part,
la France a déployé des moyens aériens
à partir de ses bases dans les Antilles afin de faciliter
la distribution de l'aide humanitaire. Par ailleurs, Paris
a décrété un moratoire unilatéral
sur le remboursement de la dette des pays touchés
par le cyclone. Dans l'attente d'un bilan chiffré
avec plus de précision, on pouvait avancer qu'en
l'espace de quarante-huit heures le cyclone aura mis à
mal les quelques dividendes économiques que le Salvador
commençait à toucher après la bonne
tenue de la croissance depuis la fin de la guerre civile
en 1992. Dans ces conditions, on aura oublié
qu'après sa percée aux élections législatives
de 1997, le Front Farabundo Marti (FMLN, un tiers des
sièges au Parlement) occupait une bonne place pour
l'élection présidentielle prévue en 1999.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002