Le
développement du Salvador reste pénalisé
par les effets du cyclone Mitch de l'automne 1998 et par
l'absence de majorité parlementaire. En dépit
d'une situation de paix à l'évidence pérenne,
le pays reste bien fragile, même si les principaux
indicateurs macroéconomiques laissent espérer
une légère amélioration de la situation
générale.
Malgré l'aide internationale allouée à
la suite du cyclone Mitch (1,3 milliard de dollars),
le Salvador continue de connaître de grandes difficultés,
l'action gouvernementale étant quelque peu paralysée
par un Parlement majoritairement hostile au président
Francisco Flores. Au pouvoir depuis juin 1999, ce dernier
a choisi de conduire une politique d'austérité
du même type que celle mise en uvre par ces
prédécesseurs, issus, comme lui, de l'Alliance
républicaine nationaliste (Arena, droite). Très
rapidement, il est apparu que le nouveau président
allait se faire le champion de la rigueur en privilégiant
la stabilité monétaire. Une politique qui
s'inscrit dans la continuité de celle pratiquée
depuis 1992, c'est-à-dire depuis la fin de la guerre
civile. Le pays, qui a brièvement connu une reprise
de l'industrie et du commerce, a vu sa croissance s'essouffler
par suite de la politique monétaire restrictive et
de la contraction des dépenses destinée à
réduire le déficit public. Les privatisations
systématiques et l'ouverture commerciale n'ont guère
été payées de retour, les exportations
ayant progressé beaucoup moins vite que les importations,
notamment en raison de la baisse du prix du café
en 1999. Aujourd'hui, les exportations ne couvrent que 65 %
des achats à l'étranger. Et ce sont finalement
les transferts des Salvadoriens émigrés aux
États-Unis (près de 1,5 milliard de dollars)
qui comblent le déficit. Quant aux investissements
étrangers, ils sont freinés par la violence
endémique qui règne dans le pays.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002