Alors
que le Salvador peinait à se relever du passage de
l'ouragan Mitch, qui l'avait frappé trois ans plus
tôt, deux séismes de forte intensité
(7,6 sur l'échelle de Richter) ont ravagé
le nord du pays. Une catastrophe qui est intervenue au moment
où le président Francisco Flores engageait
la dollarisation de l'économie.
Après
avoir connu la désolation de douze années
de guerre civile (75.000 morts entre 1980 et 1992), puis
subi les ravages de l'ouragan Mitch en 1998, le Salvador
a été touché, les 13 janvier et
13 février 2001, par deux séismes importants,
qui ont fait 1.159 morts, 2?000 disparus et plus de 8?000
blessés. Les autorités, qui estimaient les
dégâts matériels à 2,6 milliards
de dollars, ont demandé en mars une aide internationale
d'un montant à peu près équivalent
afin d'engager au plus vite les travaux de reconstruction.
Cette nouvelle catastrophe est intervenue alors que le pays
espérait que la dollarisation mise en place le 1er janvier,
avec la cohabitation de la monnaie américaine et
celle du pays (le colón), l'aiderait à résoudre
ses problèmes de développement. Selon le gouvernement
du libéral Francisco Flores, la dollarisation devrait
attirer les investisseurs étrangers tout en éliminant
le risque lié au change. À l'inverse, les
opposants à la dollarisation n'ont pas manqué
de faire savoir que cette décision n'offrait d'avantages
qu'aux seuls banquiers, qui, fortement endettés en
dollars, craignaient particulièrement les conséquences
d'une éventuelle dévaluation. Quoi qu'il en
soit, force est de constater que, à la fin de l'année,
le Salvador faisait toujours partie, avec Haïti, des
pays les plus misérables du continent latino-américain,
la moitié de la population vivant en dessous du seuil
de pauvreté. C'est dans ce contexte fortement déprimé
que l'ex-guérilla, le Front Farabundo Marti pour
la libération nationale, a gagné les élections
législatives.
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Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002