Fils
de Estácio Gonçalves Souto Maior (un médecin
qui sera plusieurs années député et même
ministre de la santé en 1961-1962 sous la présidence
de João Goulart), Nelson Souto Maior grandit à
Brasilia, la moderne capitale administrative du Brésil.
Exprimant le vu de faire carrière dans le tennis,
Nelson est envoyé par son père dans une académie
aux États-Unis. C'est là qu'il découvre
le sport automobile. Cette nouvelle passion n'est guère
du goût de son père. Aussi, Nelson décide-t-il
de s'inscrire à ses premières épreuves
de karting sous le nom de jeune fille sa mère d'origine
française, Clotilde Piquet. Pour mieux conserver son
anonymat, Nelson ira même un temps jusqu'à orthographier
son nom "Piket".
Après
avoir remporté deux couronnes nationales en karting et
effectué de brillants débuts en monoplace (champion
du Brésil de F. Vee en 1976), il décide de s'exiler
en Angleterre, passage obligé pour accéder à
la Formule 1. En 1978, il remporte aisément le titre
de champion britannique de Formule 3, une domination qui lui
ouvre les portes de la formule reine.
Parallèlement
à sa saison victorieuse de F3, il débute en F1
à l'occasion du GP d'Allemagne sur une modeste Ensign,
puis dispute trois courses sur une McLaren M 23 du team privé
de Bob Sparshoot. Malgré un matériel de seconde
zone, il réalise des prestations qui lui permettent d'être
remarqué par Bernie Ecclestone, le patron de l'écurie
Brabham. C'est donc en tant que pilote Brabham (avec Niki Lauda
et John Watson comme équipiers) que Piquet boucle la
saison 1978.
Sa première
saison complète en 1979 est une suite de désillusions
pour Piquet, en raison du fiasco que représente cette
année là la Brabham-Alfa Romeo. Mais aux côtés
de Niki Lauda (dont la manière de gérer la course
inspirera durablement Piquet), il apprend patiemment les ficelles
du métier. Lassé par la compétition, Lauda
prend sa première retraite fin 1979, ce qui fait de Piquet
le nouveau leader de Brabham. Au volant d'une voiture enfin
compétitive (Brabham a troqué le V12 Alfa Romeo
pour un conventionnel V8 Cosworth), Piquet décroche ses
premières victoires, et se bat pour le titre mondial
avec Alan Jones, pilote Williams. Battu par l'Australien, il
prend sa revanche l'année suivante en s'imposant sur
le fil face à l'Argentin Carlos Reutemann, l'autre pilote
Williams, au terme d'un final à suspense dans les rues
de Las Vegas.
En 1982,
Piquet n'est pas en mesure de défendre son titre en raison
de la mise au point laborieuse du moteur BMW turbo (auquel Piquet
offre au Canada sa première victoire). Mais dès
1983, il effectue son retour au plus haut niveau, en décrochant
un second titre mondial à l'issue d'un duel de longue
haleine avec Alain Prost. Piquet devient ainsi le premier pilote
titré au volant d'une F1 équipée d'un moteur
turbo. Ce titre est toutefois terni par le fait que le carburant
utilisé par l'écurie Brabham-BMW en fin de saison
n'était probablement pas conforme au règlement
en vigueur (on parlera notamment d'un taux d'octane trop élevé).
Les saisons
1984 et 1985 sont plus délicates pour Piquet, qui malgré
trois nouvelles victoires souffre de la baisse de compétitivité
du moteur BMW. A regret, il quitte Brabham (qu'il considérait
comme une seconde famille) pour rejoindre l'écurie Williams-Honda,
l'équipe en forme du moment : Ecclestone, patron de Brabham
lui proposait un nouveau contrat de pilote équivalent
à 1,5 millions d'euros par an et 1000 euros le point
tandis que Williams offrait 3 millions pour la saison et 10
000 euros le point.Tout auréolé de son statut
de double champion du monde (ce qui fait de lui le pilote le
plus titré en activité), Piquet est pourtant bousculé
en performances par son coéquipier Nigel Mansell, avec
lequel il développe rapidement une profonde inimitié.
En position de devenir champion du monde à quelques tours
de la fin de l'ultime GP du championnat en Australie et suite
au déchappage de Mansell, Piquet est contraint d'observer
par sécurité un ultime arrêt aux stands
qui offre le titre mondial à Alain Prost.
Piquet renoue
avec le titre suprême en 1987, mais sans la manière.
Dominé en vitesse pure par Mansell, Piquet doit surtout
son sacre à une plus grande régularité,
pour ne pas dire une plus grande chance. À sa décharge,
notons que Piquet a été victime en début
de saison d'un grave accident sur le tracé d'Imola (dans
le même virage où Ayrton Senna trouvera la mort
7 ans plus tard), qui lui a laissé de profondes séquelles
physiologiques pendant plusieurs mois (maux de tête, troubles
du sommeil...). En tête du championnat depuis la mi-saison
et sa victoire au GP d'Allemagne, il s'assure de son titre à
l'occasion des qualifications du GP du Japon, avant-dernière
manche de la saison, lorsque Nigel Mansell se brise une vertèbre
contre un rail dans un ultime effort pour tenter de lui arracher
la pole-position.
Ses relations
avec Williams et Mansell n'ayant eu de cesse de se détériorer,
Piquet annonce dès le mois d'août 1987 son transfert
chez Lotus pour la saison 1988, en remplacement d'Ayrton Senna.
Mais l'équipe Lotus est en perte de vitesse et ne parvient
pas à exploiter le moteur Honda, pourtant si performant
dans les McLaren. Force également est de constater que
Piquet ne fait pas oublier Ayrton Senna comme le montre la domination
moindre qu'il exerce sur son coéquipier Satoru Nakajima.
Après une saison 1988 correcte puis une saison 1989 désastreuse
avec le V8 Judd (saison ponctuée notamment d'une non-qualification
au GP de Belgique), beaucoup s'interrogent sur la motivation
de Piquet. Il se relance pourtant en 1990 en signant dans la
jeune et dynamique écurie Benetton, dirigé par
Flavio Briatore, lequel impose à Piquet une réduction
drastique de son salaire, tout en le motivant par des primes
à chaque point inscrit. Sur l'agile bien que sous-motorisée
Benetton B190 dessinée par Rory Byrne (et retouchée
par John Barnard), Piquet retrouve toute sa verve et achève
sa saison en apothéose en remportant les deux dernières
manches du championnat, mettant ainsi fin à plus de trois
années d'insuccès. Son coéquipier et ami
d'enfance Roberto Moreno figurant aussi sur le podium, il déclare
avec humour aux journalistes lors de la conférence de
presse: "Pour ceux d'entre-vous qui sont nouveaux en F1,
je précise que je m'appelle Nelson Piquet et que le petit
chauve à mes côtés est Roberto Moreno."
Nelson termine troisième du championnat du monde.
Fort de
cette belle fin de saison 1990, Piquet aborde le championnat
1991 avec de grandes ambitions, mais doit rapidement déchanter
compte tenu du manque de compétitivité et de fiabilité
de la Benetton B191 équipée de pneus Pirelli.
Au GP du Canada, profitant d'une bourde restée fameuse
de son vieux rival Nigel Mansell (qui en ralentissant excessivement
pour saluer le public, a calé à 500 mètres
de l'arrivée), il signe l'ultime victoire de sa carrière,
ce qui lui inspire le commentaire suivant:" Mansell arrêté
en bord de piste à 500 mètres du but et m'offrant
la victoire, j'en ai éjaculé de bonheur dans ma
Benetton!". Mais malgré ce succès chanceux,
il ne tarde pas à se laisser gagner par la démotivation.
L'arrivée du jeune Michael Schumacher à ses côtés
en remplacement de Moreno à partir du GP d'Italie scelle
définitivement son sort. Sans offre sérieuse pour
la saison suivante (Piquet aurait contacté l'écurie
Ligier, mais le salaire qu'il demandait était beaucoup
trop élevé pour l'équipe française),
il est contraint de mettre un terme à sa carrière
en Formule 1.
Dès
1992, Piquet se lance dans un nouvel objectif et décide
de s'attaquer aux 500 Miles d'Indianapolisau sein de l'écurie
du mécène John Menard sur une Lola-Buick. Mais
alors que des rumeurs font état d'un possible retour
en F1, Piquet se blesse grièvement lors des essais de
la prestigieuse épreuve américaine sur l'Indianapolis
Motor Speedway. Les jambes broyées, passant proche de
l'amputation, Piquet semble perdu pour le sport automobile,
mais à l'issue d'une douloureuse convalescence, et pour
prouver à tous qu'affronter un mur sur un ovale à
360 km/h ne lui fait pas peur, il effectue son retour un an
plus tard, aux 500 Miles d'Indianapolis 1993 (participation
qui se solde par un abandon précoce sur casse moteur).
Depuis,
Piquet a continué à courir, de manière
épisodique. Historiquement lié à BMW depuis
son titre de 1983, il a participé à plusieurs
épreuves de Tourisme au volant de BMW au milieu des années
1990, ainsi que de Grand-Tourisme avec la McLaren-BMW. On l'a
ainsi vu à deux reprises aux 24 heures du Mans (en 1997
et 1998). Pour le plaisir, il a également participé
à quelques épreuves de karting ainsi que de Formule
3 (au Brésil et en Italie).
Nelson Piquet
a également monté sa propre structure de course.
Déjà, en 1992, il avait créé une
éphémère écurie de Formule 3000
pour faire courir son protégé Olivier Beretta.
Il a renouvelé l'expérience au début des
années 2000 pour faciliter l'éclosion au plus
haut niveau de son fils Nelson Angelo Piquet (dit Nelsinho)
en F3 brésilienne, F3 britannique et GP 2 Series. Celui-ci
accédera à son tour à la catégorie
reine en 2007 avec Renault en qualité de pilote essayeur.
Début
2006, Piquet a participé victorieusement à l'épreuve
GT des Mille Miles d'Interlagos au volant d'une Aston Martin
partagée avec Christophe Bouchut, Hélio Castroneves
et son fils Nelsinho. De son propre aveu, il devrait s'agir
de sa dernière course officielle.
Source
Wikipedia
Date
de naissance: 17 août 1952
Lieu de naissance: Rio de Janeiro (Brésil)
Taille - Poids
Débuts en F1 en
Nombre de GP 204
3 fois champion du monde (
23 Victoires en Grand Prix
Canada
1991 Montréal
Japon 1990 Susuka
Australie 1990 Adelaïde
Allemagne 1987 Hockenheim
Hongrie 1987 Budapest
Italie 1987 Monza
Brésil 1986 Jacarepagua
Allemagne 1986 Hockenheim
Hongrie 1986 Budapest
Italie 1986 Monza
France 1985 Castelet
Canada 1984 Montréal
Etats Unis 1984 Détroit
Brésil 1983 Jacarepagua
Italie 1983 Monza
Europe 1983 Brands Hatch
Canada 1982 Montréal
Argentine 1981 Buenos Aires
Saint-Marin 1981 Imola
Allemagne 1981 Hockenheim
Etats Unis Ouest 1980 Long Beach
Pays-Bas 1980 Zandvoort
Italie 1980 Monza
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