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L'actualité uruguayenne en 1997

L'année 1997 a été marquée par l'adoption d'une nouvelle Constitution qui vise à améliorer le système électoral en vue du scrutin présidentiel de 1999. Pour le reste, on retiendra les habituelles grèves sectorielles, qui ont témoigné de la résistance de la population aux réformes initiées par le gouvernement du président Julio Maria Sanguinetti et de l'inquiétude face à la montée du chômage.
Des affaires de corruption d'une ampleur sans précédent ont fragilisé la coalition au pouvoir, formée par le Parti colorado (PC), le Parti national (PN) et le Nouvel Espace (NE). Un ancien ministre des Finances et un ancien conseiller présidentiel ont été accusés d'avoir commis de nombreuses irrégularités dans la vente de la banque publique Pan de Azucar à un groupe européen. Les deux hommes ont été incarcérés en 1997. De plus, la corruption n'a pas épargné la coalition de gauche, le Frente Amplio. Troisième force sur l'échiquier politique, celle-ci détient la mairie de Montevideo, où vit 46 % de la population. Les diverses affaires de corruption qui ont secoué l'ensemble de la classe politique n'ont pas facilité la mise en place de la réforme constitutionnelle. Approuvée après de difficiles négociations en 1996 par la Chambre des députés et ratifiée par le Sénat, la nouvelle Constitution a été soumise à référendum en décembre 1996. Dans le contexte tendu des affaires, elle n'a passé la rampe de l'approbation populaire que de justesse (50,2 % des suffrages exprimés). C'était toutefois suffisant pour qu'elle entre en vigueur le 14 janvier 1997.
L'essentiel des modifications constitutionnelles concerne le processus électoral. Désormais, chaque formation politique ne pourra présenter qu'un seul candidat lors d'une élection présidentielle – jusqu'à présent les formations additionnaient les votes obtenus par chacun de leurs nombreux candidats. Un second tour est prévu entre les deux candidats arrivés en tête à l'issue du premier tour si aucun n'a obtenu la majorité absolue. Par ailleurs, les pouvoirs du président sont notablement renforcés, au détriment des prérogatives du Parlement (Chambre des députés et Sénat). C'est donc ce nouveau mode de scrutin – universel à deux tours – qui sera appliqué lors de la prochaine échéance présidentielle, c'est-à-dire en 1999. Toutefois, le parti Encuentro progresista (EP, formation de gauche) a critiqué la réforme électorale dans la mesure où il estime que l'introduction d'un second tour est de nature à réduire les chances de la gauche. D'ailleurs EP avait fait campagne contre le référendum de décembre 1996.
Sur le plan économique, s'il est vrai que le pas est sorti de la récession dans laquelle l'avaient plongé en 1995 le contrecoup de la crise financière mexicaine et les difficultés de l'Argentine – celle-ci absorbe quelque 20 % de ses exportations –, il n'en demeure pas moins que la reprise était limitée par le manque de compétitivité face à ses partenaires du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay). Depuis 1996, l'économie a certes montré des signes encourageants, avec un taux de croissance de 5 %, mais de nombreux points noirs subsistaient, dont une forte inflation (28 %) et surtout un chômage important (plus de 10 %) pour un pays où le secteur public emploie près de 30 % de la population active. La résistance d'une population inquiète face à la menace du chômage constitue un frein aux réformes pourtant nécessaires si l'Uruguay veut profiter des perspectives offertes par le Mercosur. En 1997, de nouveau, des grèves sectorielles ont perturbé les transports et les services publics. Les conditions n'étaient donc pas réunies pour que le gouvernement accélère les privatisations, qui sont pourtant annoncées depuis la fin de 1995. Seules la compagnie du gaz de Montevideo et la compagnie aérienne Pluna ont été cédées au privé.
 
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