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L'actualité uruguayenne en 1998

Alors que les grandes manœuvres ont commencé dans la perspective du scrutin présidentiel de 1999, le gouvernement a poursuivi son effort de stabilisation économique engagé depuis le début de 1990 et qui a permis à l'Uruguay de renouer avec la croissance en 1996-1997. Globalement, les principaux indicateurs ont été positifs, mais, comme dans les pays voisins, les inégalités sociales se sont aggravées.
Treize ans après avoir renoué avec la démocratie – en arrivant au pouvoir en 1985, le président Julio Maria Sanguinetti avait ouvert la voie à la légalisation des partis politiques, à l'amnistie des guérilleros et au retour des réfugiés –, l'Uruguay donnait tous les signes d'un pays apaisé. D'ailleurs, les autorités se plaisent à affirmer que Montevideo est la ville la plus calme d'Amérique du Sud. Et la classe politique est passée maître dans l'art de décliner tout ce qui fait le «sel» de la démocratie – guerre des chefs, joute parlementaire, grandes manœuvres électorales. Toujours à la tête de l'État, après un intermède entre 1990 et 1995, le libéral Sanguinetti a dû apprendre à composer avec une opposition qui ne lui facilite pas la tâche, notamment dans la poursuite des réformes.
Il est vrai que l'opposition de gauche, regroupée au sein du Frente amplio, est donnée gagnante dans les sondages qui ont fleuri en 1998 à l'approche de l'élection présidentielle prévue en 1999. De plus, le Frente amplio détient déjà la mairie de la capitale, un atout précieux dans la course à la présidence. Toutefois celle-ci ne semblait pas s'annoncer sous d'aussi heureux auspices. En effet, à l'approche du scrutin présidentiel, la coalition des partis de gauche n'a pas réussi à masquer de profondes dissensions entre «modérés» et «radicaux» (des anciens Tupamaros). Ces derniers, qui n'ont pas abandonné leur credo marxiste, ont paru bien placés pour désigner le candidat du Frente à la présidentielle. Jusqu'alors, Tabaré Vasquez, un modéré qui fut maire de Montevideo entre 1990 et 1994, était donné favori. En attendant, le gouvernement de coalition a poursuivi avec un certain succès sa lutte contre l'inflation, ramenée à 16 % (contre 35 % en 1995). À l'actif des autorités, on aura retenu un niveau d'endettement modéré et une bonne réputation auprès des bailleurs de fonds. Enfin, le niveau de vie est élevé comparé à celui des autres pays latino-américains.
Toutefois, l'Uruguay peine à s'engager réellement sur la voie du développement en raison du trop grand poids de l'État dans l'économie et du niveau élevé de la protection sociale. Ainsi, on ne peut guère s'étonner de la stagnation des privatisations dans un pays où près d'un cinquième de la population active est employé par l'État. La mise en œuvre de réformes ambitieuses bute toujours sur des conservatismes sociaux et corporatistes. Ainsi, on a vu que la puissance des syndicats n'était pas un vain mot, puisqu'ils sont parvenus à bloquer une loi destinée à favoriser les investissements étrangers. Ces derniers seraient pourtant les bienvenus, ne serait-ce que pour diversifier les activités commerciales uruguayennes. En effet, avec des exportations essentiellement agricoles, l'Uruguay est particulièrement dépendant de ses partenaires du Mercosur, le marché commun du cône sud qui regroupe, outre l'Uruguay, le Brésil, l'Argentine et le Paraguay, et deux États associés, le Chili et la Bolivie. Dans la mesure où la moitié des échanges de l'Uruguay se font avec le Brésil et l'Argentine, une récession dans l'un ou l'autre pays ne pourra avoir que des effets négatifs sur la croissance. Rien de tel n'est arrivé en 1998 et l'excédent de la balance des services a continué de s'accroître sous l'effet de la hausse des recettes touristiques. Il reste que l'approche du scrutin présidentiel a entraîné une certaine nervosité des marchés et que les investisseurs étrangers ne regardaient pas d'un œil amène la montée en puissance du Frente amplio.
 
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002
 
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