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L'actualité du Venezuela en 1996

Plongé dans une crise économique et sociale profonde, le Venezuela est, sans doute encore plus que le Mexique, «l'homme malade» de l'Amérique latine. Aussi le gouvernement du président Rafael Caldera a-t-il engagé le pays dans un vaste programme d'ajustement pour réduire un déficit public abyssal et freiner l'inflation.
Le remaniement ministériel du 14 mars 1996, qui a vu l'entrée au gouvernement de l'ancien président des chambres de commerce Freddy Rojas Parra, nommé ministre de l'Industrie, et celle de Teodoro Petkoff, leader du parti de gauche MAS (Movimiento al socialismo), chargé, avec le Plan, de la coordination de la politique économique, est apparu comme une tentative désespérée pour élargir la base sociale et politique du pouvoir en faveur des réformes. Alors que manifestations et grèves, motivées par le décalage entre la hausse des prix et celle des salaires, se multipliaient, le président Rafael Caldera a détaillé, le 15 avril, les mesures visant à réduire le déficit budgétaire, qui s'était dangereusement creusé en 1994 lorsque l'État avait dû voler au secours de quinze banques en difficulté. Une forte hausse des prix des carburants, la libération du contrôle des changes et une augmentation de quatre points des taxes à la consommation constituent les principaux volets de ce plan de stabilisation économique destiné à faire accéder le Venezuela à une «économie de production». Tirant les leçons des émeutes de 1989, Rafael Caldera a fait un gros effort de relations publiques pour «vendre» au pays son plan d'ajustement, tout en prévoyant des mesures d'accompagnement en faveur des plus pauvres: subventions aux transports en commun, distribution de repas gratuits dans les écoles, aides aux chômeurs et aux retraités, soit au total 8,7 milliards de francs destinés aux plus défavorisés. Bien que les principales institutions financières internationales aient accueilli favorablement les grandes lignes du plan d'ajustement, les mesures d'accompagnement ont toutefois suscité les réserves habituelles, notamment celles du Fonds monétaire international (FMI). Quoi qu'il en soit, quelques jours après l'annonce de ce plan, Caracas a conclu avec les principales institutions financières internationales une série d'accords d'assistance portant sur plus de 3 milliards de dollars. Une enveloppe qui se décomposait en un accord de confirmation de 1,4 milliard de dollars sur douze mois, négocié auprès du FMI, l'octroi ou la reconduction de prêts de la Banque mondiale pour un montant de 900 millions de dollars et d'environ 1 milliard de dollars de la Banque interaméricaine de développement. Cette aide était cependant conditionnée au respect par le gouvernement d'objectifs macro-économiques convenus entre les deux parties. Ce dernier a indiqué, par la voix du ministre des Finances qu'il s'était engagé à ramener le déficit budgétaire à 1,5 % du PIB (contre 7 % en 1995); Caracas a toutefois admis que la croissance économique serait réduite à zéro, voire laisserait place à une diminution de 1 % du PIB. Mais compte tenu de l'incompétence et de la corruption de l'administration, nombreux sont ceux qui doutent de l'efficacité du programme du gouvernement et craignent que les habitants des quartiers pauvres qui surplombent Caracas ne continuent de s'enfoncer dans la misère. Il n'y a guère que la remontée du prix du pétrole sur le marché international, arrivée à point nommé pour le président Caldera, qui pourrait quelque peu adoucir la potion: une augmentation de 1 dollar par baril représente en effet des recettes additionnelles de 800 millions de dollars en année pleine pour le Venezuela. Par ailleurs la poursuite des privatisations et de l'ouverture des champs pétroliers aux compagnies étrangères devra contribuer à renflouer les caisses de l'État. Rafael Caldera s'est voulu résolument optimiste en déclarant que «les investisseurs étrangers font la queue». Plus pessimistes sont ceux qui se souviennent que, au début des années 1990, les investisseurs se pressaient au Mexique.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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