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L'actualité du Venezuela en 1997

Les nombreuses grèves qui se sont succédé au début de 1997 – enseignants, fonctionnaires, professions de la santé – ont donné la mesure de l'année économique et sociale. Il est vrai que le Venezuela venait de connaître une année 1996 pour le moins éprouvante et dont la population a surtout retenu une inflation de 103 % et une progression de deux points du chômage, le tout sur fond de récession – le PIB avait reculé de 3,8 % par rapport à 1995. Toutefois, la situation s'est améliorée, la bonne santé du secteur pétrolier ayant tiré la croissance vers le haut.
On comprend que, dans ces conditions, la classe politique ait souffert d'un large discrédit. Ainsi, les premiers sondages qui ont commencé à fleurir dans la perspective de l'élection présidentielle de 1998 ont mis en lumière une évidente désaffection des Vénézuéliens à l'endroit des formations dominantes, qu'il s'agisse de l'Action démocratique (sociale-démocrate) ou du Comité d'organisation politique électoral indépendant (COPEI, démocrate-chrétien). Le gouvernement du président Rafael Caldera a choisi d'orienter sa politique économique dans le double but de réduire l'inflation de moitié et de parvenir à une croissance de 4 %. Ce double objectif semblait en passe d'être atteint à la fin de l'année. La hausse du prix du pétrole a de toute évidence joué un rôle déterminant dans ce début de redressement. De plus, l'amélioration des recettes pétrolières pouvait permettre au gouvernement de racheter une partie de sa dette extérieure – dont le service représentait en 1996 quelque 40 % du budget.
Le Venezuela, qui a dû accepter en 1994-1995, contraint et forcé, l'ordonnance du Fonds monétaire international (FMI), a paru en toucher les premiers dividendes en 1997. Les réserves nationales étaient reconstituées à hauteur de 12?6 milliards de dollars, ce qui a permis à Caracas de se passer de la deuxième tranche d'un prêt stand-by de 1?4 milliard de dollars consenti par le FMI. C'est ainsi qu'en 1997 le Venezuela pouvait prétendre être le pays le plus propice d'Amérique latine aux investissements étrangers. La compagnie nationale du pétrole a annoncé de nouvelles concessions de vingt ans ouvertes aux sociétés étrangères en vue d'exploiter des réserves dans les régions orientale et occidentale du pays. La société Mobil avait déjà conclu un accord avec la compagnie vénézuélienne Lagoven concernant la production de 100.000 barils par jour de pétrole lourd dans le bassin de l'Orénoque, ainsi qu'un accord avec la compagnie nationale Pequiven pour la construction d'un complexe pétrochimique dans l'est du pays. La bonne santé du secteur du pétrole n'a toutefois pas réussi à masquer les difficultés que rencontrent les autorités en matière de privatisations. La vente au privé des banques, en dépit de l'optimisme affiché par les ministres «économiques» de R. Caldera – Alberto Poletto pour les Privatisations et Teodoro Petkoff pour le Plan –, n'avait guère avancé. Ainsi des rumeurs de corruption et de querelles politiques autour de la cession du Banco de Venezuela ont fait fuir les acheteurs potentiels.
Sur le plan extérieur, le Venezuela a accueilli en octobre le président des États-Unis, Bill Clinton, qui faisait en 1997 son premier voyage en Amérique du Sud depuis son élection. Le locataire de la Maison-Blanche a plaidé à Caracas pour la transformation des Amériques en une zone de libre-échange qui irait «de l'Alaska à l'Argentine». Si le Venezuela partage volontiers les valeurs défendues par B. Clinton lors de son passage dans la capitale (démocratie, économie de marché et libre-échange), les objectifs du gouvernement sont beaucoup plus modestes. Le Venezuela, qui a choisi pour l'heure de s'orienter vers le bassin caraïbe, espère d'abord développer ses échanges avec les pays de l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain, qui rassemble les États-Unis, le Canada et le Mexique).

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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