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L'actualité cubaine en 1997

Afin de contrer la loi Helms-Burton (voir ci-dessous), Cuba a voté la «loi de réaffirmation de la dignité et de la souveraineté», qui autorise le gouvernement à aider les entreprises étrangères à dissimuler leurs investissements par le biais de compagnies fiduciaires ou de fonds d'investissements pour échapper aux sanctions américaines.
Un an après sa promulgation, le bilan de la loi Helms-Burton paraissait pour le moins mitigé. Sur le plan diplomatique, elle s'est transformée en pomme de discorde entre Washington et ses alliés, canadien, européens et mexicain. Quant à ses prétendues vertus «démocratiques», on peut estimer que leur principal effet est d'avoir freiné le timide processus d'ouverture politique qui avait commencé dans l'île. Certains spécialistes de Cuba estiment que le gouvernement des États-Unis et la communauté exilée de Miami ne pouvaient offrir de meilleur cadeau à ceux qui, à l'intérieur du pouvoir cubain, ne sont guère partisans des réformes. Pour leur part, les autorités cubaines reconnaissent que la loi Helms-Burton a eu un effet négatif sur le flux des investissements et a dissuadé nombre d'hommes d'affaires de traiter avec La Havane. Elle a affecté la zafra, la récolte sucrière, qui constitue la principale source de devises, en rendant plus difficile l'obtention de financements internationaux.
Toutefois, le vice-président cubain, Carlos Lage, a fait état de la constitution de 42 nouvelles entreprises mixtes avec des investissements étrangers depuis le vote de la loi. Il reste qu'une société d'importance, la cimenterie mexicaine Cemex, a décidé de quitter l'île après avoir reçu un avertissement des États-Unis lui reprochant d'avoir utilisé une usine ayant appartenu à une compagnie américaine. En revanche, quelques sociétés, comme le groupe touristique espagnol Sol-Melia ou la canadienne Sherrit, ont ouvertement défié les sanctions de Washington.
Le grand livre des relations américano-cubaines s'est enrichi d'un nouveau chapitre avec la publication, fin janvier, d'un rapport émanant de la Maison-Blanche et promettant une aide de plusieurs milliards de dollars à Cuba si le pays s'ouvrait à la démocratie. La réaction de Fidel Castro a été on ne peut plus vive. Devant plusieurs milliers de personnes réunies au centre de La Havane, à l'issue d'une marche aux flambeaux à la mémoire de José Martí et de Che Guevara, le président cubain a comparé les États-Unis à «un dragon qui malgré ses avions et ses armes intelligentes ne pourra jamais dévorer l'agneau cubain car cet agneau est plus intelligent et ses veines sont remplies de venin».
Plus généralement, la détérioration des relations cubano-américaines s'est traduite par un coup de frein au mouvement de réformes économiques mis en œuvre après l'effondrement du camp socialiste. C. Lage, principal artisan de ce plan, a pu déclarer que la priorité du gouvernement n'était pas d'autoriser l'ouverture de petites et moyennes entreprises, mais de faire en sorte que les établissements publics soient plus efficaces.
La loi Helms-Burton Le Cuban Liberty and Democratic Solidarity Act (la loi Helms-Burton) vise à renforcer l'efficacité de l'embargo commercial appliqué par les États-Unis contre Cuba depuis le début des années 1960. Conçue comme un moyen de protéger les droits de propriété des citoyens américains et de rétablir la démocratie dans l'île, cette loi sanctionne «toute personne» (quelle que soit sa nationalité) qui «trafique» (selon le terme américain) avec des biens confisqués par le gouvernement cubain après le 1er janvier 1959 et à propos desquels existent des réclamations émanant de citoyens américains. Par «trafic», il convient d'entendre toute activité commerciale réalisée à l'aide de ces biens.
Par ailleurs, aucune distinction n'est faite selon que les biens appartenaient, au moment de la nationalisation, à des citoyens cubains ayant acquis ultérieurement la nationalité américaine ou à des citoyens américains.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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