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#1 2012-10-31 20:41:07

"Rom in rio"
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Comment le pic pétrolier interagit avec le pic du gaz et du charbon

Super article sur les problemes propres a chacune de ces ernergies.

Les divers carburants fossiles ne sont pas interchangeables. Le pétrole fournit la majorité des carburants de transport, sans lesquels le commerce dans les économies développées s’arrête. Le charbon est important pour fournir la charge électrique de base dans de nombreux pays (pas en France, où l’on dépend du nucléaire). Le gaz naturel (le méthane) fournit l’azote des fertilisants pour l’agriculture industrielle, et fournit aussi l’énergie thermique pour le chauffage domestique, la cuisine et de nombreux procédés de fabrication.

Toutes ces ressources ont passé leur pic dans la plupart des pays, et approchent de leur pic global ou l’ont passé.

Environ un quart du pétrole total est toujours produit par une poignée de champs pétrolifères super-géants qui ont été découverts il y a plusieurs décennies. Les vies productives de ces champs ont été étendues par des techniques de forage intercalaire et d’injection d’eau. Ces techniques permettent d’épuiser la ressource plus complètement et plus vite, résultant en un déclin plus prononcé : le pétrole se change en eau, lentement d’abord, puis tout d’un coup. Le champ super-géant de Cantarell dans le golfe du Mexique est un bon exemple d’un tel épuisement rapide, et le Mexique ne restera pas exportateur de pétrole encore de nombreuses années. L’Arabie Saoudite, le deuxième producteur de pétrole derrière la Russie, est très secrète sur ses champs, mais il est révélateur qu’elle ait réduit le développement des champs pétroliers et investit dans la technologie solaire.

Bien qu’il y ait actuellement une tentative de représenter les nouvelles (en réalité, pas si nouvelles) techniques de fracturation hydraulique et de forage horizontal pour produire du gaz naturel à partir de formations géologiques, telles que le schiste, qui étaient précédemment considérées comme insuffisamment poreuses, il s’agit, en réalité, d’un jeu financier. L’effort est trop coûteux à la fois en terme de conditions techniques et de dommages environnementaux pour être rentable, à moins que le prix du gaz naturel s’élève jusqu’au point où il commence à causer des dégâts économiques, ce qui réprime la demande.

Le charbon était auparavant considéré comme très abondant, avec des centaines d’années de réserves au niveau actuel. Cependant, ces estimations ont été revues ces dernières années, et il semble que le plus grand producteur de charbon au monde, la Chine, soit très proche de son pic. Puisque c’est le charbon qui a directement alimenté la récente poussée de croissance économique chinoise, cela implique que la croissance économique chinoise touche à sa fin, avec de sévères dislocations économiques, sociales et politiques à suivre. Les États-Unis dépendent du charbon pour près de la moitié de leur génération d’électricité, et sont de même incapables d’accroître l’utilisation de cette ressource. La plus grande partie de l’anthracite énergétiquement dense a été épuisée aux États-Unis, et ce qui est produit maintenant, par des techniques environnementalement destructrices tels que le rasage de montagne4, est d’une bien moindre qualité. Le charbon se transforme lentement en terre. À un certain point dans le temps, le charbon cessera de fournir un gain d’énergie : le miner, le concasser et le transporter jusqu’à une centrale deviendra une perte nette d’énergie.

Il est essentiel d’apprécier le fait que c’est le pétrole, et les carburants de transport que l’on en tire, qui permet tous les autres types d’activités économiques. Sans le diesel pour les locomotives, le charbon ne peut être transporté jusqu’aux centrales électriques, le réseau électrique s’éteint, et toutes les activités économiques s’arrêtent. Il est aussi essentiel de comprendre que même de petites insuffisances de disponibilité des carburants de transport ont des répercussions économiques sévères. Ces effets sont exacerbés par le fait que c’est la croissance économique, non la décroissance5 économique (qui semble inévitable, étant donné les facteurs décrits ci-dessus) qui forme la base de toute la planification économique et industrielle. Les économies industrielles modernes, au niveau financier, politique et technologique, ne sont pas conçues pour une contraction, ou même pour un état stable. Par conséquent, une crise pétrolière mineure (telle que l’augmentation régulière récente du prix du pétrole ponctuée par de sévères hausses) résulte en une calamité socio-politique.

Enfin, il vaut d’être mentionné que les carburants fossiles sont réellement utiles seulement dans le contexte d’une économie industrielle capable de les utiliser. Une économie industrielle dans une état avancé de déclin et d’effondrement ne peut ni produire ni utiliser les vastes quantités de carburants fossiles qui sont brûlés quotidiennement. Il n’y a pas de méthode connue pour réduire l’industrie à une taille artisanale, pour ne servir que les besoins de l’élite, ou pour maintenir en vie en l’absence d’industrie des institutions sociales, financières et politiques qui ont coévolué avec l’industrie. Il vaut aussi d’être souligné que l’utilisation de carburant fossile fut très étroitement corrélée avec la taille de la population humaine sur la pente ascendante, et qu’elle le restera vraisemblablement sur la pente descendante. Par conséquent, il n’est peut-être pas nécessaire de regarder bien loin derrière le pic global de la production de pétrole pour voir des perturbations majeures de l’industrie globale, ce qui rendra les autres carburants fossiles hors de propos.

Dernière modification par "Rom in rio" (2012-10-31 20:41:38)

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