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Discussions sur l' Amérique Latine

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#1 2006-08-25 17:22:48

Chiuni
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Sujet économie brésilienne

Spécial Pays Emergents : L’agriculture, l’atout du Brésil

La dernière étape de notre périple à travers les pays émergents nous emmène cette semaine sous le soleil brésilien. 5éme Etat du monde par sa taille, le Brésil s’affirme depuis quelques années comme l’un des acteurs majeurs de la scène internationale. La raison : sa taille bien sûr, mais aussi sa population jeune, ses ressources naturelles, sa politique de "rupture" avec les USA et surtout son agriculture. En quelques années seulement, le Brésil est devenu « l’un des géants verts » de la planète...
   
Un acteur global : La plage de Copacabana, la samba, le carnaval de Rio, le football de Ronaldo, telle est l’image d’Epinal du Brésil. Mais derrière cette belle carte postale de vacances se découvre un autre pays, composé de 137 millions d’habitants à la population très jeune (près de 30% de la population à moins de 14 ans) répartie sur un territoire grand comme 15 fois la France. Frappé par une crise financière en 1999, le Brésil a depuis su se relever et émerger devenant en peu de temps un acteur global. L’élection à la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva, en janvier 2003, a sans doute contribué à révéler ce grand pays aux yeux du monde. Le refus implicite d’adhérer au projet initié par les USA de constituer la plus grande zone de libre échange du monde (la ZLEA : la Zone de Libre-échange des Amériques allant de l’Alaska à la Terre de Feu), sa volonté d’obtenir un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unis, sa place de protagoniste majeur de l’Organisation Mondiale du Commerce, sa position de chef de fil du G20 prouve, s’il en est, que le Brésil est un acteur sur lequel il faut désormais compter. Cette stature internationale comme sa place de 11ème économie mondiale démontre le dynamisme d’un Etat qui dispose, entre autre, d’une richesse qu’il a su développer et parfois dompter : la nature.

Le trublion de l’ordre agricole mondiale : En passe de devenir "la ferme du monde", ce poids lourd d’Amérique du Sud fait trembler les agriculteurs de toute la planète, et en particulier les farmers du Texas et du Kansas (grands Etats agraires des USA) comme l’ensemble des exploitants agricoles de l’Union Européenne. Et les motifs de crainte des grandes nations agricoles du monde ne sont pas sans fondement. En témoigne la collection de place de n°1 que détient cet Etat dans le secteur. Premier producteur mondial de café, de sucre, de tabac, de jus d’orange, de soja, de viande bovine et de volaille, le Brésil parvient à obtenir ces résultats grâce à une surface agricole utile comparable à celle des USA (soit 340 millions d’hectares) et deux fois et demie plus grande que celle dont dispose l’UE des 25 Etats membres. Ce pays de l’hémisphère sud bouscule la hiérarchie agricole mondiale par son rendement, aujourd’hui, supérieur à celui des Etats-Unis (2,68 tonnes à l’hectare). Autre atout, et véritable botte secrète, du secteur agricole brésilien c’est l’Embrapa. Cet organisme de recherche agronomique rattaché au ministère de l’agriculture brésilienne, qui compte près de 8600 salariés ainsi que 2221 chercheurs répartis dans 37 centres de recherche à travers tout le pays, a permis de réelles avancées en matière génétique. Ces découvertes scientifiques en matière agricole ont, entre autre, accru les rendements et entraîné la mise au point de nouvelles espèces capables de s’acclimater aux conditions du pays.

La libéralisation du marché comme cheval de bataille : Très compétitifs sur les marchés internationaux en raison d’une main d’oeuvre bon marché, les produits agricoles brésiliens bénéficient d’un autre avantage de taille puisqu’il s’agit de l’une des agricultures les moins subventionnées du monde. L’aide public de l’Etat fédéral brésilien s’élève à 3% des recettes agricoles, bien loin des 17% accordés aux agriculteurs américains ou des 30% octroyés à leurs homologues européens. Et c’est bien là l’une des pommes de discorde entre le Brésil et le front unis UE-USA. Car pour préserver leur secteur agricole face au "made in Brazil", ces deux mastodontes de l’agriculture mondiale sont obligés de mettre un certain nombre de barrières à l’entrée via des mesures protectionnistes. Ainsi pour éviter que le boeuf brésilien ne vienne concurrencer la charollaise de nos vertes prairies hexagonale, l’UE impose des droits de douane de 177%. Les négociations qui se sont tenues en juillet dernier à Genève, dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), avait en autre thème l’agriculture et un objectif pour les pays les plus pauvres : faire baisser les droits de douane à l’entrée des marchés de ceux que l’on appelle les grands pays agro-exportateurs. Le Brésil espérait beaucoup de ces négociations. Un succès aurait permis, d’après un rapport de l’OCDE, de doper les exportations agricoles brésiliennes de manière significative. Une réduction globale de 50% de droits de douanes et de subventions à l’exportation associée à une diminution du soutien interne accordé au secteur concerné dans les pays de l’OCDE se serait traduit pour l’économie brésilienne par un gain de 1,7 milliard de dollar, soit environ 0,3% du PIB. Mais l’échec de la négociation a renvoyé aux calendes grecques les prétentions brésiliennes.

La face cachée de ce miracle vert : Derrière ce secteur primaire dynamique et les 28% du PIB qui pèse sur l’économie brésilienne se cache une autre réalité beaucoup plus sombre. Ce Brésil qui exporte café, sucre et soja aux quatre coins du monde en oublie sa propre population. Alors que la part des exportations de produits agricoles atteint 25% de la production totale, à destination principalement de l’Union Européenne, la Chine et la Russie, 14% de la population brésilienne ne mange pas à sa faim et vit en état de sous-nutrition. L’autre aiguille dans le meule de foin brésilienne concerne les paysans sans terres. Ils sont près de cinq millions à revendiquer un droit de travailler la terre dans ce vaste pays d’Amérique du Sud dont la superficie avoisine les 8 547 400 km². Regroupés au sein du MST (mouvement des travailleurs ruraux sans terres), ces paysans organisent régulièrement des marches et des occupations de champs appartenant à de grands propriétaires terriens. Ces manifestations ont pour but de faire pression sur les autorités et en particulier sur le Président Lula qui, lors de sa campagne électorale, avait fait de la réforme agraire l’une de ses priorités. Son engagement d’octroyer à 400 000 familles des terres avant la fin de l’année 2006 restent encore à l’état de promesse... Cette terre de richesses et de contrastes n'a pas encore rendu complètement obsolète cette citation de Clémenceau qui voyait dans le Brésil "un pays d’avenir et qui le restera longtemps"...

Antoine Chazal (http://www.boursorama.com/votreinvite/i … ws=3622640)

Jean-Charles Decaux, co-DG de JCDecaux
(interview du 14 mars 2006) :
"Notre métier est en pleine consolidation. Il y a toujours beaucoup de contrats et d’appels d’offres dans le monde. Par exemple, il y a le contrat sur la publicité dans les gares et les trains de la SNCF, les contrats pour les villes de Toronto, Sao Paolo au Brésil. Nous avons donc de grands enjeux sur lesquels nous sommes des challengers. Notre stratégie est aujourd’hui de nous renforcer sur nos grands marchés".

Thierry Moulonguet, directeur général adjoint et directeur financier de Renault
(article du 10 février 2006) :
Un des grands engagements du groupe est son ambition de se développer à l’international. « A la fin 2006, il est vraisemblable que nous serons au-delà des 27% que nous totalisons en 2005 à l’international », a précisé Thierry Moulonguet, ajoutant que le groupe allait notamment « étendre la zone Logan, c’est-à-dire la Russie, le Maghreb (Maroc), mais aussi en Amérique Latine avec la Colombie. Il va y avoir aussi des arrivées de nouveaux produits comme la Mégane 4 portes au Brésil, ainsi que le développement de nos ventes en Corée, compte tenu de l’état actuel du marché et du succès des produits Renault Samsung ».

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#2 2006-08-25 19:28:54

Chico brasil
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Re: Sujet économie brésilienne

Salut Chuini, le premier article doit dater, car il manque environ 40 000 000 de brésiliens à l' appel smile

Offline

#3 2006-08-25 22:33:06

Chiuni
Member

Re: Sujet économie brésilienne

chico wrote:

Salut Chuini, le premier article doit dater, car il manque environ 40 000 000 de brésiliens à l' appel

Salut Chico,
Tu as raison, je n'avais pas relevé cette ânerie! Et loin des 40 millions c'est + de 50 millions qui manquent à l'appel ! et ceci en 2004 !
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-z … _2554.html
Je vais faire un mail à ce journaleux ! J'espère que les autres chiffres sont bons !
Encore merci
Abraços

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